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Sysco France, branché Fip

Un projet d’amélioration de la pêcherie (Fip) est engagé pour le mythique cabillaud de Terre-Neuve et du Labrador. Sysco France est l’un des partenaires du groupe de travail.

(Crédit photo : DR)

 

à savoir

Recrutement
selon les scientifiques :
7 % au lieu
des 22 % espérés.

 

Dès 2009, Davigel, spécialiste de la restauration professionnelle en surgelé, opte pour un sourcing préservant au maximum les écosystèmes. Une large majorité des produits que la société commercialise sont aujourd’hui écocertifiés MSC, GlobalGap, ASC, Best aquaculture practices et bio. Pour aller plus loin, Davigel s’est engagé en 2015, dans un premier projet d’amélioration de la pêcherie (Fip pour Fishery improvement project) sur la raie de Nouvelle-Angleterre, puis sur deux autres, concernant la crevette d’Argentine et le fameux cabillaud de Terre-Neuve et Labrador.

Sysco France, né en 2018 de la fusion entre Davigel et Brake, poursuit les engagements pris, notamment sur le cabillaud. « L’essentiel de notre offre sur cette espèce provient actuellement d’Atlantique nord-est, Russie, Norvège et Islande, indique Laurent Froget, chef de marché. Une petite partie a pour origine l’Atlantique nord-ouest, de Terre-Neuve et Labrador, où seuls les côtiers sont encore autorisés à pêcher, alors que la fameuse pêcherie hauturière est sous le coup d‘un moratoire depuis 1992. Nous souhaitions aller plus loin. »

Les Fip sont des groupements de travail. À l’initiative des pêcheurs, ils réunissent producteurs, transformateurs, scientifiques, autorités, acheteurs et ONG et visent à dresser un état des lieux précis d’une pêcherie, en vue d’une exploitation durable. L’engagement de Sysco France a permis la réalisation d’une première étude génétique et aujourd’hui, l’acquisition de marqueurs et récepteurs acoustiques. Le suivi, pendant au moins cinq ans, des cabillauds marqués permettra de mieux connaître leurs migrations et l’évolution des stocks.

Le 28 février, un point d’étape sur ce Fip a mis un bémol aux premiers espoirs qui semblaient indiquer un retour du cabillaud. « Le recrutement espéré était de 22 %, mais les scientifiques l’ont évalué à seulement 7 %. Ils évoquent des mortalités naturelles, dues en partie à l’absence de capelans et de crevettes qui composent l’alimentation de base du cabillaud, et à l’abaissement de la température de l’eau… Mais ce n’est pas surprenant, car il était difficile d’imaginer une reconstitution linéaire, sans à-coups », précise Laurent Froget. Ces résultats ne découragent pas Sysco France.

Son implication dans le Fip lui permet de renforcer son partenariat avec les pêcheurs et d’avoir l’assurance d’un accès privilégié à cette ressource quand le stock sera reconstitué. Sysco France cherche par ailleurs à prolonger sa démarche et à développer de nouveaux Fip avec ses partenaires SFP et WWF France sur ses principaux approvisionnements non écocertifiés. Sachant que la certification est, généralement, le prolongement naturel du Fip. Un sésame toujours plus impératif sur les marchés internationaux.

Dominique GUILLOT

 

[ Les partenaires du Fip ]

les associations de producteurs et transformateurs AGC (Atlantic groundfish council) et ASP (Association of seafood producers)

 Sysco France, mais aussi Marks and Spencer, High Liner Foods et Young’s

 l’ONG SFP (Sustainable fisheries partnership) et l’Organisation des pêches de l’Atlantique nord-ouest (Opano)