Bilan des criées : des apports en baisse

Le 18/06/2024 à 14:00 par La rédaction

France AgriMer a publié en avril dernier le bilan 2023 des halles à marée françaises. Les débarques poursuivent leur baisse tendancielle, tant en volume qu’en chiffre d’affaires. Dans un contexte de crise de la demande, une baisse de l’offre met la filière en difficulté.

Bilan 2023 : 152 009 tonnes de produits de la mer ont été débarquées sous les criées françaises. Cela représente une baisse de 8 % par rapport à 2022 mais surtout une baisse sur 10 ans de… 23 % ! Parmi les espèces qui subissent la plus forte chute, on peut citer le germon (– 59 %), les calmars (– 23 %), l’églefin (– 29 %) et même la solide coquille Saint-Jacques voit ses volumes baisser de 5 %. À l’inverse, certaines espèces affichent de belles croissances, comme le lieu noir (+ 30 %), le thon rouge (+ 15 %) et, plus spectaculaire encore, la poussée de l’anchois qui passe de 669 à 2 023 tonnes. La baisse des volumes est particulièrement dans les criées de la façade atlantique où, à court terme, les débarques ont été érodées par le plan de sortie de flotte.

Toujours en volume, Boulogne-sur-Mer garde sa médaille d’or et affiche une belle croissance de 9 %. Mais Le Guilvinec chute à la troisième place et Lorient à la cinquième, principalement à cause du plan de sortie de flotte. Cela permet à Erquy et Saint-Quay-Portrieux de se hisser respectivement à la deuxième et la quatrième places du classement des criées grâce à des volumes de saint-jacques qui se tiennent. En valeur, Boulogne-sur-Mer atteint la plus haute marche du podium grâce à ses volumes en hausse, alors que Le Guil’ et Lorient descendent à la deuxième et troisième places. Globalement, les criées débarquant principalement de la saint-jacques sont celles qui s’en sortent le mieux.

Au niveau des régions, la Bretagne reste leader avec 67 985 tonnes (45 % des débarques nationales, en baisse de 10 %), puis suivent la Normandie (20 %, – 9 %), les Hauts-de-France (12 %, + 9 %), la Nouvelle-Aquitaine (9 %, – 12 %), les Pays de la Loire (9 %, – 12 %) et l’Occitanie (5 %, – 2 %). La croissance des Hauts-de- France est principalement tirée par le doublement des débarques de lieu noir, une croissance de 8 % des calmars et de 29 % de la sardine.

L’année 2023 est également marquée par une hausse importante des invendus, qui atteignent 18 %. Il s’agit de volumes qui, faute d’acquéreurs en criée, sont achetés par les organisations de producteurs à un prix plancher. Sur les espèces significatives, cette hausse est très marquée sur la saint-jacques (+ 82 % d’invendus entre 2022 et 2023), due à un mauvais démarrage en début de saison. La sole a vu ses invendus doubler à cause de la crise de l’offre.

Globalement, c’est le serpent qui se mord la queue. Les prix trop élevés de l’année 2022 et le contexte inflationniste ont fait se détourner les consommateurs des produits de la mer, et la baisse drastique de la demande a poussé les acheteurs en criée à baisser le prix des enchères en 2023 pour relancer la demande. À cela s’ajoute la crise des apports avec le plan de sortie de flotte et des quotas en baisse. La filière dans son ensemble, en particulier le mareyage, est prise en tenaille
La question du partage de la valeur peut se poser, mais c’est surtout celle du volume en amont qui préoccupe.

 

Vincent SCHUMENG

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