▼ ZOOM SUR LE VIE En vigueur depuis 2000. Un important vivier de candidats. Un coût à chiffrer. Les indemnités d’un VIE diffèrent selon le chiffre d’affaires des entreprises et les pays. Il faudra compter en moyenne 1 600 euros par mois pour un jeune envoyé en Belgique et plutôt de 2 500 à 2 800 euros pour les États-Unis. Le Brésil se trouve entre les deux. Le contrat étant signé avec le candidat par Business France, ces indemnités sont à payer à l’agence. Une présence planétaire. Il y a aujourd’hui des VIE dans 134 pays |
Les statistiques parlent d’elles-mêmes. Sur les deux dernières années, le nombre de VIE en poste dans le monde est passé de 8 679 à 9 793. Une progression de « 5 à 6 % par an depuis quatre ans », que Michel Bauza, le directeur du VIE chez Business France, n’a pas de mal à expliquer. « C’est un outil gagnant/gagnant. Les candidats, âgés en moyenne de 25 à 26 ans, y trouvent le moyen d’acquérir une expérience à l’étranger et de se professionnaliser à la fin de leurs études. Pour les entreprises, c’est un outil pour mettre une ressource humaine sur un projet hors des frontières nationales et de tester des talents. » Les PME y font aussi appel. Plus de 3 000 VIE étaient employés à cette date par près de 1 300 entreprises dont le chiffre d’affaires était inférieur à 50 millions d’euros. « On voit aussi des sociétés qui se regroupent pour recruter un volontaire à l’international », souligne Michel Bauza. L’Imed, association créée en 1988 par des chefs d’entreprises, s’est notamment fait une spécialité d’aider les sociétés à mettre en place ces VIE à temps partagé. Une piste qui, pour Michel Bauza, serait à explorer par la filière des produits de la mer. « Si les VIE progressent dans l’agroalimentaire, rares sont les entreprises dans ce secteur particulier qui y font appel », constate-t-il. La société Sturgeon, spécialisée dans la production de caviar en France, est l’une des exceptions à confirmer la règle. Elle a aujourd’hui deux VIE en Chine : deux jeunes femmes, en poste pour des périodes de 24 mois, dont les objectifs illustrent la diversité des missions confiées à ces volontaires. « Une se trouve à Hong-Kong, en appui de notre distributeur, pour répondre à des difficultés de développement de marché. L’autre est dans la Chine profonde, où nous avons en joint-venture une unité de production d’esturgeons, pour y apporter sa compétence de technicienne », indique Maud Bétourné. La responsable des relations humaines chez Sturgeon l’avoue sans difficulté : le choix de se porter sur un VIE répond d’abord à une problématique de coût. « Pour une PME, c’est plus adapté financièrement qu’un expatrié surtout à Hong-Kong », souligne-t-elle. Dans les deux cas, « le bilan est positif, relate Maud Bétourné. On a acquis la certitude qu’il nous fallait une présence sur place à Hong-Kong pour appuyer notre distributeur. Quant au soin apporté à sa mission par notre technicienne, il a permis entre autres de réduire les mortalités dans la pisciculture. » L’âge et le manque d’expérience des candidats au VIE sont-ils un problème ? Non, répond Maud Bétourné : « il est simplement nécessaire de les manager et de faire un point chaque semaine. Ce que je retiens, c’est leur bonne dose de courage. » Après l’Asie, c'est au tour du Brésil d’attirer la création de postes en VIE. « Il y en a aujourd’hui près de 190, soit une progression de 71 % sur les quatre dernières années. La complexité administrative et la culture du pays, où les affaires sont avant tout basées sur une relation de confiance, requièrent pour réussir une présence locale », explique Cristina Afonso, la directrice du bureau de São Paulo de Business France. Le dispositif VIE, qui bénéficie depuis fin 2013 d’un accord entre la France et le Brésil pour les visas, est bien rodé. « Il faut moins de trois mois entre le moment où l’entreprise décide de prendre un VIE et son arrivée au Brésil », souligne Cristina Afonso. Une piste à explorer certainement pour booster les exportations de produits de la mer français vers ce pays de plus de 200 millions d’habitants, qui se limitent aujourd’hui à quelques tonnes de harengs et de l’acide alginique. Loïc FABRÈGUES
|