▼ TAÏWAN EN BREF Population : Monnaie : nouveau dollar PIB/habitant : 22 600 $ Principales enseignes : Importations Droits de douane : |
D’une superficie comparable à celle de l’Aquitaine, avant que la nouvelle région n’englobe le Poitou-Charentes et le Limousin, Taïwan est cependant sept fois plus peuplé. Afin de satisfaire les besoins alimentaires de sa population, le pays, dont le nombre d’habitants au km2 est parmi les plus élevés au monde, doit absolument importer. « Le taux d’autosuffisance s’élève à seulement 33 % », indique Anne Guinaudeau, conseillère export pour l’agroalimentaire au bureau de Taipei de Business France. Ce qui est vrai pour les produits agricoles ne l’est pas pour ceux venant de la mer. Taïwan est une île et bien que la consommation nationale en matière de produits de la mer soit, avec 35,4 kg par an et par habitant, dans le haut du panier mondial, le pays importe peu de produits de la mer. « Ces importations ont représenté 122,4 M € en 2014. Tandis que la valeur de la production locale s’est, elle, élevée à 2,89 MM € », note Business France. Se nourrissant des approvisionnements de la pêche locale, dont le top 3 en tonnage est le sanma (Cololabis saira), la bonite et le calmar, le marché taïwanais peut s’ouvrir aux produits de la mer étrangers. « Saumon, king crabs, gambas, abalones, coquilles Saint-Jacques, moules et cabillaud sont dans les principaux produits importés. On recense également une augmentation de la demande pour les huîtres. Les espèces locales ne peuvent se consommer qu’une fois cuites », relève Christine Chou, de Business France à Taipei. Dans ce marché de l’importation, dominé par la Thaïlande, les États-Unis, la Norvège et l’Indonésie, la France a une carte à jouer. « Il faut mettre en valeur les notions de terroir, de savoir-faire et de traçabilité. Les opérateurs locaux misent sur la recherche d’ingrédients qualitatifs et d’origine sûre qui les poussent à se fournir dans les pays européens », explique Anne Guinaudeau. Le gouvernement canadien voit, par ailleurs, dans le développement de la consommation des produits de la mer congelés un nouvel atout pour exporter à Taiwan. Loïc FABRÈGUES |
[Enjeux]
Avec des voisins comme la Chine, Hong-Kong ou le Japon, Taïwan semble souffrir de la comparaison. Moins peuplé que les uns, moins aisé que les autres, le pays ne s’affiche pas, en tout cas, comme une destination prioritaire pour les exportations françaises de poissons et fruits de mer. Déficitaire en production alimentaire, Taïwan ne l’est pas, il est vrai, pour les produits de la mer. Mais la croissance de son économie, le développement du tourisme, l’image des produits français sont tels que cette destination mérite que l’on s’y intéresse.
Le conseil de Pierre Henri-Dufiet, gérant de Mareyeurs d’Arcachon |
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« Taïwan représente pour Mareyeurs d’Arcachon un envoi hebdomadaire d’environ 300 kg. On fournit les chefs des restaurants des grands hôtels. Les commandes tournent autour de la sole, du turbot, du bar, du saint-pierre. Ils veulent des calibrages très précis dans des grosses pièces. Je travaille sur ce marché avec un gros distributeur très présent en Asie. La particularité de cette région est qu’un partenariat impose la fidélité. En retour, la transparence sur le marché est totale et la confiance est de mise. Il faut être très réactif par rapport à l’envoi des commandes. Les Taïwanais sont connectés à leurs smartphones et travaillent avec les messageries instantanées. À l’inverse, ils aiment que l’on prenne du temps pour comprendre leur fonctionnement et leurs besoins. Comme pour le grand export, l’organisation interne et la procédure d’export doivent être bien établies. Cela suppose des moyens. Car il suffit d’une signature manquante en bas d’un document pour que votre colis soit débarqué. » |