Thon : le vaste marché européen

Le 19/07/2023 à 9:00 par La rédaction

Deuxième catégorie de produits la plus consommée dans l’Union européenne (UE), derrière les poissons de fond (dont cabillaud) et les salmonidés, les thonidés représentent un marché de 1,4 million de tonnes. Une consommation en hausse depuis dix ans grâce à une augmentation des importations. Les derniers chiffres disponibles (2015) indiquent que l’Espagne représente à elle seule 25 % du marché européen, suivie par l’Italie, la France et le Portugal. À eux quatre, ils concentrent 65 % du marché européen en volume.

En 2020, 72 % du thon consommé était importé, un chiffre en hausse avec un accroissement de la demande et une baisse des captures, en parallèle de politiques de libre-échange. Il est à noter qu’une part non négligeable des captures françaises et espagnoles sont débarquées et transformées dans les pays à proximité des zones de pêche, comme les Seychelles ou l’Équateur, avant d’être expédiées en Europe. Ces deux pays sont ainsi les deux principaux pourvoyeurs de thon sur le marché européen. Le thon transformé (30 % congelé, 70 % en conserve) représente la majorité des imports. Au niveau des espèces, le thon listao représente 53 % des volumes importés, contre 30 % pour l’albacore. Les principaux pays importateurs sont l’Espagne, les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Italie et la France sur le listao, et l’Espagne pour l’albacore.

Sur la conserve de thon en Espagne, l’Eumofa détaille la transmission du prix en 2015 : 2,96 euros/kg pour la matière première à l’entrée de l’usine, 5,13 euros/kg pour la conserve sortie d’usine et 6,54 euros/kg HT au détail pour le consommateur. La matière première représente donc 45 % du prix au détail HT, la transformation (dont marge conserveur) 33 % et les frais de distribution (dont marge distributeur) 22 %.

L’UE est aussi un gros pêcheur de thon, avec 401 148 tonnes de production en 2020 (dont 29 329 tonnes d’aquaculture du fait des modalités de stockage et d’expédition du thon rouge). Mais de 2019 à 2020, les débarques ont baissé de plus de 20 % sur le listao, du fait d’une baisse des enregistrement de thon congelé en Espagne au profit des pays proches des zones de pêche. Elle reste toutefois le principal pays pêcheur de thon, suivie de loin par la France et Malte.
La France se démarque par ses pêcheries de thon rouge à la senne pour le grand export, mais aussi à la ligne pour le marché domestique haut de gamme.

Un reliquat dans les données concerne justement le thon rouge, qui est stocké et élevé en cage après sa capture avant d’être expédié à l’international (Japon,
Singapour…). En 2020, il représente 10 % de l’aquaculture européenne en valeur, en forte hausse depuis dix ans grâce au rebond de la pêcherie maltaise.

 

Nouveau référentiel MSC : quoi de neuf pour le thon ?

En octobre dernier, le MSC a publié la mise à jour de son référentiel de certification, avec une entrée en vigueur au mois de mai. Cette révision concerne aussi les pêcheries thonières avec quatre changements majeurs : l’obligation de proposer des stratégies pour lutter contre la pêche fantôme due à la perte d’engin de pêche, DCP (dispositif de concentration de poisson) en tête ; la mise en place d’un plan de lutte contre le shark finning ; la réduction des impacts sur les espèces menacées comme les tortues, mammifères et oiseaux marins ; et un haut niveau de surveillance des pêcheries dans le cadre des ORGP (organisations régionales de gestion des pêches). Sur les 268 pêcheries certifiées MSC dans le monde, 45 sont des pêcheries thonières.

 

Vincent SCHUMENG

  • Facebook
  • Twitter
  • LinkedIn
  • More Networks
Copy link
Powered by Social Snap