Conserves de poissons : un produit plébiscité mais sous tension

Le 02/09/2022 à 10:42 par La rédaction

Après deux années marquées par les crises et l’inflation, le Syndicat français des conserveurs de poissons (SFCP) fait le point sur le marché. Et le secteur a de quoi se réjouir. En 2020, les achats en conserves ont bénéficié d’un effet de stockage à l’occasion des confinements et couvre-feux. Les volumes de ventes ont atteint 132 000 tonnes (+ 7,3 % par rapport à 2019) et 1 248 millions d’euros (+ 8,5 %). En 2021, les ventes ont baissé mais se maintiennent à des niveaux pré-Covid, avec une hausse des prix de 1,26 %. Cette même année, le prix moyen des conserves de poisson était de 9,64 euros/kg.

Dans une enquête CSA menée pour le SFCP auprès d’un échantillon représentatif, 84 % des répondants affirment consommer des conserves de poisson et 80 % en avoir dans leurs placards. Kantar indique un taux de pénétration de 92,8 %. Qu’est-ce qui justifie ce succès ? D’après les répondants de l’enquête, le goût pour 87 % d’entre eux, le plaisir pour 84 %, la praticité pour 71 %, la conservation pour 70 % et la disponibilité pour 58 %. Les Français se montrent également confiants quant aux qualités nutritionnelles (89 %), sanitaires (86 %) et gustatives (86 %) des conserves et leur trouvent un bon rapport qualité-prix (80 %).

Laurence Plumey, nutritionniste, présente les vertus nutritionnelles des conserves de poisson. En fonction de l’espèce (thon, maquereau ou sardine), les conserves couvrent la totalité (voire davantage) des besoins journaliers en omégas-3, vitamine D, sélénium, vitamine B12 et sont riches en protéines, calcium et iode, en plus d’avoir un excellent apport protéique. Finalement, les conserves sont excellentes à tout âge, avec des vertus bénéfiques pour la croissance du nourrisson à l’adolescent, pour éviter les carences – en particulier des femmes –, pour assurer la bonne santé de la femme enceinte et allaitante et enfin pour apporter les nutriments nécessaires aux personnes âgées.

Cependant, on constate depuis 2015 une baisse de près de 11 % des volumes consommés. Une tendance de fond qu’explique Alexis Jacquand, vice-président du SFCP : « Nous devons faire connaître les bénéfices des conserves à une nouvelle génération, consciente de leurs bienfaits nutritionnels et gustatifs, mais qui est aussi sensible à la dimension écologique. » Le SFCP a mis en place une charte des bonnes pratiques pour assurer la préservation de la ressource halieutique, respecter l’environnement et mettre en avant la recyclabilité quasi infinie des boîtes. Autant d’arguments pour séduire les moins de 35 ans, qui sont la classe d’âge la moins consommatrice.

Mais le secteur connaît quelques difficultés du fait de l’inflation. Tous les postes de dépenses ont augmenté : les boîtes de 20 à 30 %, l’huile jusqu’à 40 %, l’énergie autour de 50 % et le poisson entre 10 et 20 %. Concernant ce dernier, Xavier Leduc, président d’Orthongel, justifie cette hausse par la dynamique mondiale. « Les quotas de thon ont baissé sur certaines zones et le prix du gasoil a presque doublé. Les pêcheurs vont donc se tourner vers des voies de valorisation différentes, avec des prix plus élevés que sur le marché de la conserve. » Changer de marché implique toutefois des investissements à bord des thoniers, ce qui n’est pas chose aisée dans un contexte inflationniste. À terme, les volumes de poissons vers la conserve pourront être amenés à baisser. « Cela rajoute une tension supplémentaire », commente Alexis Jacquand.

L’enjeu : mieux valoriser les conserves en misant sur les tendances du moment. Au programme, renforcement des entrées de gamme en surfant sur la tendance santé, faire le pari des labels – comme Saupiquet qui propose l’ensemble de ses références en thon nature MSC – ou encore communiquer sur les réseaux sociaux. Le SFCP a organisé le Trophée Fish Box, un concours culinaire diffusé sur les réseaux pour les amateurs, qui devaient présenter une recette à base de poisson en boîte. Parmi les quatre jeunes femmes finalistes, la gagnante l’emporte grâce à une tarte thon et asperge façon meringuée, un trompe-l’œil qui a de quoi attiser la curiosité.

 

Vincent SCHUMENG

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