Cours du saumon :à quand la baisse ?

Le 05/05/2022 à 11:44 par La rédaction

De décembre 2021 à mars 2022, les cours du saumon ont atteint des sommets historiques, et inquiétants.

Des prix « complètement fous »

« Quatre mois à des niveaux de prix de 9 ou 10 €/kg, c’est du jamais vu sur une durée aussi longue », assure Arnaud Deleforge, directeur général de Marine SAS, importateur majeur de saumon basé à Boulogne-sur-Mer. « Ce sont des prix complètement fous, confirme Per-Arve Husevag, directeur général de Lerøy France, premier exportateur de produits de la mer de Norvège et troisième producteur mondial de saumon de l’Atlantique. La demande est très forte, alors que les volumes sont en baisse par rapport à l’année précédente. Du fait d’une eau trop froide, les poissons ont moins consommé d’aliment, et donc moins grossi. » À cela s’ajoute une problématique de hausse des coûts de matières premières et d’énergie, ainsi qu’un contexte global peu favorable. « Entre le Covid et le Brexit, depuis deux ans, personne n’est euphorique », constate Arnaud Deleforge, qui a vu les trésoreries de ses clients s’affaiblir et les assurances crédit devenir moins favorables.

Un marché européen affaibli

Sur le saumon, l’indice de référence est le NSI (Nasdaq Salmon Index), en couronne norvégienne. L’affaiblissement de l’euro n’arrange rien, car le marché est mondial. « L’Europe subit le marché plus qu’elle ne le dirige. Elle pèse moins lourd que le marché chinois ou américain », souligne Arnaud Deleforge. La guerre en Ukraine devrait encore compliquer la donne. « À court terme, l’activité a fortement diminué avec l’Ukraine et la Biélorussie. À plus long terme, il va falloir composer avec des hausses du prix de l’énergie et des matières premières », indiquait mi-mars Per-Arve Husevag. Les usines ukrainiennes d’emballages sont par ailleurs à l’arrêt, ce qui devrait pénaliser les opérateurs européens.

Un avenir incertain

Toute la question est maintenant de savoir comment vont évoluer les cours. « Nous sommes dans une période d’incertitude, mais on sait s’adapter », assure Per-Arve Husevag. À noter que la France est repassée premier importateur de saumon norvégien devant la Pologne, une première depuis 7 ans.

 

Fanny ROUSSELIN-ROUSVOAL

 

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