Langoustine : toujours autant la cote

Le 20/07/2022 à 10:04 par La rédaction

En 2021, la France a produit 3 000 tonnes de langoustine dans le golfe de Gascogne, dont 2 700 tonnes pour la seule OP Pêcheurs de Bretagne. En parallèle, les prix se sont tenus. Le petit crustacé vivant – donc fragile – séduit les consommateurs.

Reine des étals au printemps, la langoustine est bien implantée, mais localement. Le crustacé se consomme sur le littoral, un peu dans les terres, mais pas beaucoup plus loin, exception faite des grandes métropoles comme Paris. La langoustine a un marché qui s’étend sur toute la côte atlantique jusqu’à la Normandie. Sur l’année 2021, elle a répondu présente avec des volumes à la hausse par rapport à 2020 et des prix qui ont suivi, surtout en fin d’année. La production française de langoustines du golfe de Gascogne est d’environ 3 000 tonnes sur 2021. L’organisation de producteurs Pêcheurs de Bretagne, qui détient 126 navires sous licence pour la langoustine sur le territoire, soit l’écrasante majorité de la flotte langoustinière française, a fait ses comptes : 2 700 tonnes sur 2021 contre 2 100 l’année précédente.

Les captures se font tôt le matin lorsque la langoustine sort de son terrier. Le printemps est la période où les prises sont les plus nombreuses, période où les volumes sont donc au maximum. En pleine saison, les prix en première vente sont à 10 euros/ kg en prix moyen sur la criée de Lorient en avril-mai 2021. L’été, les prix grimpent à 12 euros et à 15 euros en novembre. La langoustine se pêche toute l’année, mais beaucoup moins l’hiver car les navires vont privilégier à cette période d’autres espèces qui les emmènent dans des zones de pêche où ne se trouvent pas les langoustines. Les conditions météorologiques bloquent aussi plus fréquemment les navires à quai. « On observe une légère baisse des prix en 2021 versus 2020, souligne Thomas Rimaud, chargé de mission au sein de l’OP Pêcheurs de Bretagne. C’est lié à l’augmentation des volumes mais le prix reste relativement élevé. » Pour preuve, les prix sont suffisamment soutenus pour que l’OP n’ait pas eu besoin d’acheter la production de ses adhérents pour maintenir le marché. Sur 2021, le prix moyen, toutes tailles et criées confondues, est de 12,13 euros/kg, contre 12,86 euros l’année précédente.

« Une bonne année en volume avec + 25 % sous criée », confirme Ivy Guillou, directeur du réseau marée Bretagne-Normandie de Top Atlantique, mareyeur et grossiste. Une bonne année par rapport à 2020 mais aussi par rapport à 2018- 2020 qui étaient des années satisfaisantes, mais pas aussi bonnes tout de même que les années fastes de 2015-2017, où la ressource était prolifique.

La langoustine est vendue vivante, ce qui la rend d’autant plus fragile. Top Atlantique achète ses lots le matin dans les criées de Lorient et Concarneau pour une livraison dans la foulée chez sa clientèle : la GMS, les poissonneries traditionnelles et la restauration. Des livraisons rapides et en direct sur une courte distance. Le soir, les acheteurs de Top Atlantique sont à la criée du Guilvinec pour une livraison le lendemain matin sur un territoire plus vaste et des clients plus nombreux. « On a plus de solutions logistiques pour emporter la langoustine sur toute la Bretagne, voire la Loire-Atlantique, détaille Ivy Guillou. Alors le soir, au Guilvinec, nos équipes sont à l’affût sur ce produit. »

L’organisation de producteurs Pêcheurs de Bretagne a lancé des travaux en 2018 et 2019 pour optimiser la vitalité des langoustines entre la première vente et la consommation. Certains navires se sont ainsi équipés d’écumeurs pour leurs viviers à bord. Des solutions de retrempage à terre avant expédition ont donné des résultats prometteurs mais « le Covid a coupé cette dynamique », souligne Thomas Rimaud.

La langoustine peut également trouver d’autres voies de valorisation comme lorsqu’elle est vendue cuite pour la restauration avec une qualité de cuisson assurée. Top Atlantique livre ainsi des langoustines préparées en ouverture de saison, au printemps, là où les prix sont au plus bas, comme l’explique le directeur du réseau marée de l’entreprise : « Des restaurants sont intéressés par des assiettes de langoustines cuites qu’ils mettront sur leur carte lorsqu’ils ouvriront leurs terrasses. »

Retrouvez la fiche espèce de la langoustine sur le site du Guide des espèces PDM.

Julie LALLOUËT-GEFFROY

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