Le marché européen des produits transformés

Le 03/01/2024 à 14:14 par La rédaction

L’Eumofa* a sorti en octobre une base de données reprenant les productions des pays de l’Union européenne (UE) pour le marché des produits de la mer  transformés, de 2012 à 2022, sur toutes les catégories de produits. Au-delà de l’inflation palpable de ces deux dernières années, PDM revient sur les principaux enseignements de ces données.

Premier constat, la production européenne de produits de la mer transformés a baissé de 9 % en volume en 10 ans, pour atteindre aujourd’hui 4,25 millions de tonnes. Le Brexit est la principale explication de cette baisse, le Royaume-Uni comptabilisant plus de 500 000 tonnes de production en 2018, dernière année de sa prise en compte dans les données. En 2022, les principales catégories de produits dans l’UE sont les filets de poissons frais (13,2 % des volumes), les poissons de mer congelés (11,1 %), les conserves de thonidés (9,8 %), les poissons panés (8,2 %) et les plats cuisinés (7 %). Les plus gros producteurs sont l’Espagne (27,5 %), la France (14,5 %), le Danemark (10,2 %), l’Allemagne (9,2 %) et la Pologne (9,1 %).

En valeur, la production européenne 2022 de produits de la mer transformés atteint 22,1 milliards d’euros, en hausse de 12 % sur 10 ans (à euro constant), et ce malgré le départ du Royaume-Uni. Entre 2019 et 2022, soit avant la crise liée au Covid-19, cette hausse était de 14 %, et de 19 % entre 2021 et 2022 ! Les produits les plus importants en valeur en 2022 sont les filets frais (14,9 %), les conserves de thonidés (12,9 %), les plats préparés (8,3 %), les poissons panés (7,1 %) et les fruits de mers préparés ou conservés (6,9 %). Les pays qui pèsent le plus lourd sont l’Espagne (28 %), la France (22 %), l’Allemagne (10 %), l’Italie (9 %) et la Pologne (8 %).

Le prix moyen 2022, tous produits et tous pays confondus, atteint 10,15 euros/kg, du jamais-vu ! Il affiche une hausse de 32 % sur 10 ans et de plus de 30 % sur un an. Les produits les plus chers sont le succédané de caviar (22,51 euros/kg), le saumon fumé (16,20 euros/kg), la truite fumée (15,05 euros/kg), les conserves d’anchois (14,67 euros/kg) et les poissons fumés hors saumon, hareng et truite (8,30 euros/kg). A contrario, les produits les plus abordables sont les coproduits (0,46 euro/kg), les abats types tête, foie ou queue (1,41 euro/kg), les farines (1,64 euro/kg), les graisses et huiles (2,78 euros/kg) et les foies, œufs et laitances réfrigérés (3,07 euros/kg).

 

Focus sur la France

Comme indiqué plus haut, la France se classe deuxième pays européen sur la production halio-industrielle. En volume, en 2022, on retrouve comme production phare les plats préparés (21 %), les filets de poissons frais (15,3 %), les poissons panés (14,8 %), les conserves (11,3 %) et les fruits de mer conservés ou préparés (10,2 %). En valeur, ce sont les filets de poissons frais (19,1 %), les plats préparés (16,7 %), les fruits de mer préparés ou conservés (12,8 %), le saumon fumé (11,9 %) et les poissons panés (11,6 %) qui figurent en tête du classement.

Sur deux ans, les produits les plus inflationnistes sont les poissons séchés, salés et/ou saumurés (+ 120 %), les mollusques surgelés (+ 49 %), les crustacés congelés (+ 38 %), les poissons fumés hors hareng, et le saumon et la truite (+ 20 %).

Vincent SCHUMENG

*Eumofa = Observatoire européen des marchés des produits de la pêche et de l’aquaculture

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