L’étiquetage en question

Le 24/07/2024 à 10:42 par La rédaction

L’agence rennaise Scaning et la société lorientaise Mer Conseils ont enquêté en 2023 sur les attentes des consommateurs en matière d’étiquetage des produits aquatiques. Un rapport de France AgriMer compile leurs conclusions.

 

Entre confiance et défiance

Au-delà de l’intérêt de principe accordé aux étiquettes des produits aquatiques, le lieu d’achat compte. Ainsi, le consommateur y est plus attentif au rayon libre-service des grandes surfaces (93,2 %) qu’en poissonnerie traditionnelle (74,5 %), où il accorde sa confiance à la parole du poissonnier. En moyenne, 83,3 % des acheteurs jugent les informations sur les étiquettes « assez » ou « très » fiables. Seuls 14 % des sondés les estiment toutefois « très fiables ». Les femmes affichent une confiance légèrement supérieure aux hommes. Les jeunes (moins de 35 ans) et les seniors (plus de 65 ans) font preuve de davantage de défiance (ou de difficulté d’interprétation ?). Si la fiabilité des informations n’est pas franchement critiquée, un point inquiétant ressort : 66,3 % des acheteurs ont déjà renoncé à l’achat d’un produit aquatique en raison d’un défaut d’interprétation sur l’étiquette.

 

Les principaux éléments d’attention

Parmi les informations auxquelles les acheteurs attachent de l’importance, trois éléments se distinguent. Au premier rang, ressortent les indications de provenance (zone de pêche, élevage ou transformation). 72 % des acheteurs les citent spontanément. Les mentions liées à la fraîcheur du produit (DLC, voire date de capture) arrivent en deuxième place, avec 37 % de mentions spontanées. Enfin, la méthode de production (pêche ou élevage) occupe la troisième place du podium : 23,2 % des consommateurs cherchent spontanément à savoir si le produit est issu de la pêche ou de l’élevage. Le prix ressort en quatrième position, suivi par les informations environnementales (durabilité).

 

Quid des mentions obligatoires ?

La très grande majorité des mentions obligatoires est jugée utile par les acheteurs de produits aquatiques. En moyenne, elles sont créditées d’un indice d’utilité de 83 % en ce qui concerne les produits vendus à l’étal (cf. graphe). En fin de classement, le nom scientifique de l’espèce (en latin) intéresse moins de 30 % des consommateurs. La catégorie d’engin de pêche est incomprise par 35,5 % des sondés.

 

Connaissances du consommateur : peut mieux faire !

L’enquête menée en point de vente confirme un manque de connaissances et, sur un plan pratique, de lisibilité (un pic de prix compte parfois sept mentions obligatoires !). Résultat : 64 % des consommateurs ne portent pas attention à la technique de pêche. Les seuls engins connus sont généralement la ligne et le chalut (sans distinction entre le chalut de fond et le chalut pélagique). Les plus experts citent aussi la drague ou le casier. La distinction entre pêche et élevage est en revanche considérée comme importante pour 85 % des consommateurs, tout comme les sous-zones de pêche (59 %)… que le consommateur ne maîtrise par ailleurs pas plus que les engins de pêche. Pour l’élevage, la mention « élevé en France » est souvent citée. Elle rassure quant au respect des règles sanitaires et des bonnes conditions d’élevage mais s’inscrit aussi dans une logique socioéconomique (« mangeons français »). Pourtant, les consommateurs interrogés ignorent que la France est le premier pays européen producteur de truite arc-en-ciel. Seuls 50 % des consommateurs se sentent concernés par la présence d’allergènes. En revanche, 96 % des consommateurs de produits préemballés considèrent que la DLC (date limite de consommation) ou DDM (date de durabilité minimale) pour les surgelés est indispensable. Ayant une bonne opinion nutritionnelle sur les produits de la mer, le consommateur n’est pas forcément sensible à la valeur énergétique ou au Nutri-Score sur ce type de produits.

 

Fanny ROUSSELIN-ROUSVOAL

 

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