La crise sanitaire a redonné un coup de fouet au marché hexagonal du surimi, qui déclinait depuis 2012. En 2020, les volumes consommés ont ainsi progressé de 8 %. « Avec les confinements et le télétravail, les consommateurs ont redécouvert les atouts du surimi : un produit gourmand, pratique, accessible en prix et qui plaît à toute la famille », analyse Sandrine Lecanu, directrice marketing d’Alliance Océane & Charcutière (marque Coraya). « Après cette année exceptionnelle, l’année 2021 a marqué un léger recul, mais le marché reste supérieur de 1 % par rapport à 2019, en valeur », se réjouit le leader Fleury Michon.
Fort d’une image pas toujours flatteuse, le surimi mise sur des formulations plus naturelles et une communication transparente. « Les consommateurs attendent des marques qui s’engagent. C’est pourquoi nous travaillons à la fois sur la formulation, la pêche responsable et l’allègement de nos emballages », explique Sandrine Lecanu. L’heure est au « clean label », avec des recettes recentrées sur les ingrédients essentiels (chair de poisson, blanc d’oeuf, amidon de blé, fécule de pomme de terre, huile de colza, sel, sucre, extrait de paprika). Autre tendance : augmenter le pourcentage de chair de poisson, bien au-delà des 30 % minimum fixés par la norme Afnor NV V45-068. En 2019, les références coeur de marché de Coraya (L’Original et Petits Coraya) ont vu leur pourcentage de poisson grimper de 38 à 40 %. En 2022, c’est au tour des bâtonnets premium (gamme Suprême) de faire un bond encore plus important. La part du poisson passe de 38 à 46 %, avec en bonus une texture plus fibrée et un goût marin plus intense. Autre argument marketing : la nature de la ressource. Sur ses emballages, Coraya mentionne clairement les espèces de poisson utilisées (merlu du Pacifique et/ou colin d’Alaska), ainsi que les zones de pêche, avec un logo « Pêche responsable ». Fleury Michon garantit également l’utilisation exclusive de chair de poissons sauvages : merlu blanc et colin d’Alaska (Pacifique Nord-Est) ou lieu noir (Atlantique Nord-Est), et promet une traçabilité totale, du bateau à l’assiette. Depuis avril 2022, la référence incontournable de Fleury Michon, Le Moelleux, affiche le label MSC Pêche Durable, et met en avant sa richesse en oméga 3. Deux nouvelles références voient par ailleurs le jour (râpé Moelleux 170 g label MSC ; Moelleux en pack carton 14 bâtonnets, 210 g – label MSC). Une nouvelle recette pour l’apéritif s’ajoute également à la gamme : Coeur Frais Cocktail.
L’emballage constitue un autre axe de progrès. « Le pack en carton recyclé et recyclable lancé en 2021 a permis d’économiser 19 tonnes de plastique par an », souligne Margaux Lambourg, chef de produit Coraya.
Fanny ROUSSELIN-ROUSVOAL