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Qu’importe l’engin, pourvu que ce soit durable

Techniques de pêche

Techniques de pêche
(Crédits photo L.F.)

 

Pêche ou aquaculture ? Origine locale ou lointaine ? Labellisé ou non ? Que de critères accessibles au consommateur à l'heure de choisir son poisson ! L’engin en fait partie, figurant impérativement sur l'étiquette finale pour éclairer les choix : chalut, ligne, senne, filet, casier, drague…

 

Certaines méthodes vont permettre une meilleure qualité, comme l'hameçon, le casier, la bolinche, la senne danoise. La qualité est plus variable au chalut ou au filet, selon les bateaux, et a tendance à s'améliorer en jouant sur la durée des marées, le tri, l'équipement en vivier… La qualité se juge aussi simplement au visu. Et est parfois aussi optimisée, sur des marchés haut de gamme, par une technique d'abattage japonaise, l'ikejime. L'engouement pour cette pratique, en mer et à terre, engendre des résultats inégaux et un encadrement s'impose. Mais cela ne concerne qu'un marché de niche.

 

Si le critère est social, la pêche côtière crée le plus d'emplois, mais toutes les flottilles participent de la vie économique du littoral. Les chalutiers hauturiers ramènent indéniablement du volume, abordable, et travaillé par les criées, mareyeurs, transformateurs. Les flottilles, parfois concurrentes, sont surtout complémentaires, car ce ne sont pas les mêmes espèces pêchées au large ou à la côte, même s'il y a des chevauchements.

 

Quant aux critères environnementaux, le chalut décrié comme gourmand en gasoil a en fait une consommation raisonnable ramenée aux volumes pêchés, et même plutôt faible au chalut pélagique. Les travaux s'enchaînent aussi pour limiter l'impact des chaluts de fond et des dragues sur les écosystèmes.

 

Il n'y a pas de mauvais engin de pêche, ni de taille de navire idéale, ni de clivage entre arts dormants et arts traînants à faire, pourvu que la pratique soit encadrée pour qu'elle soit durable. Ce qui pour l'instant est le cas, du point de vue de l'état des stocks, pour environ la moitié de la pêche française. Selon le bilan de l'Ifremer sur l’état écologique des poissons pêchés en France métropolitaine en 2019 : « Près de la moitié des volumes provient de populations exploitées durablement. » C’est 49 %, contre 15 % il y a 20 ans. La progression est bien là, et le verre à moitié plein. Efforts à poursuivre !.

 

 

Répartition des volumes déclarés en criée par engin de pêche

 

Hors Méditerranée, 173 812 tonnes ont été vendues sous les criées françaises en 2019, pour 599,8 millions d'euros, au prix moyen de 3,45 euros/kg. Sur les 4 373 navires de pêche répertoriés en France métropolitaine par le Système d'information halieutique (SIH), seuls environ 2 500 navires participent aux ventes sous criées. La répartition de ces ventes par engin confirme la domination du chalut dans les débarquements français, avec toujours 61 % des volumes, pour 58 % de la valeur. Difficile de dissocier les parts des fileyeurs, caseyeurs, ligneurs et palangriers, car certains sont spécialisés, mais beaucoup sont multi-engins, pratiquant plusieurs métiers. Ils cumulent en tout cas 18 % des volumes pour 27 % de la valeur. Les bolincheurs (sardine, anchois, maquereau…) pèsent 9 % en volume, mais seulement 3 % en valeur.

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