Pour la deuxième année consécutive, le golfe de Gascogne est fermé aux navires de plus de 8 mètres (filets, sennes…) depuis le 22 janvier et jusqu’au 20 février. Si cette année la filière était au courant en avance, la période s’annonce tout de même très difficile.
« La filière appréhende la fermeture, cela va affecter tout le monde, alerte Yves Foëzon, directeur de l’OP Les Pêcheurs de Bretagne, mi-janvier. Le mareyage va s’adapter, le marché va se rééquilibrer. Mais qui peut prédire l’impact à long terme pour l’équilibre des pêcheries concernées ? C’est une attaque à la souveraineté alimentaire. » Sur la façade atlantique, Julien Lamothe, directeur du From Sud-Ouest, se montre moins alarmiste. « Les armements ont connaissance de la fermeture et peuvent s’adapter. Il y a même un intérêt sur le merlu ou la sole, cela permet une gestion du quota plus souple le reste de l’année. »
Côté mareyage, Peter Samson, secrétaire général de l’Union du mareyage français, indique que les entreprises « ont des difficultés à se préparer et se battent pour ne pas avoir de pertes. D’une part en organisant le travail différemment et en diversifiant les approvisionnements. Il y aura un regain de concurrence sur les criées non concernées (en Manche et à Boulogne notamment, NDLR) et certains auront recours à l’import. Mais une entreprise ne peut pas s’improviser importatrice et les fournisseurs privilégient leurs clients historiques. Les aides pour le mareyage sont maintenues, avec une compensation des pertes d’exploitation brute pour les entreprises concernées et une enveloppe dédiée de 3 millions d’euros (2,5 millions d’euros ont été consommés pour 45 entreprises en 2024, selon Peter Samson) mais le recours au chômage partiel ne sera pas possible. « De ce fait, nous appréhendons davantage la fermeture que l’année dernière », s’inquiète Guillaume Badoinot, gérant des antennes de Mericq aux Sables-d’Olonne et à la Rochelle, et président de l’Acaapp.
Vincent SCHUMENG