Belgique : jouer la carte de l’origine

Le 08/01/2017 à 16:25 par La Rédaction

 

CHIFFRES CLÉS

Population :  11,26 millions d’habitants

Monnaie : l’euro (1 €

PIB/habitant : 40 456 $ fin 2015

Principales enseignes :
Groupe Colruyt (Colruyt, Spar), Groupe Delhaize (Delhaize, Delhaize City), Groupe Louis-Delhaize (Cora, Match), Carrefour, Intermarché, Aldi et Lidl.

Importations depuis la France en 2015 : 24 713 t (-9 %) pour 188,24 millions d’€ (-4 %). Le saumon, les crevettes et le divers en poissons de mer filetés sont les trois premières espèces en valeur achetées en France par la Belgique.

Taux de TVA : pas de droits de douane pour les échanges intracommunautaires et trois taux de TVA à 6, 12 et 21 %.

 

Sources : FranceAgriMer, Business France

 

Avec ses 67 kilomètres de côte et la plus petite flotte des 28 pays de l’Union européenne en nombre de navires, la Belgique n’est pas, à proprement parler, un haut lieu de la pêche. Les Belges n’en dédaignent pas, pour autant, les produits de la mer. En moyenne, ils en dégustent 24,9 kg par an et rattrapent peu à peu la moyenne européenne. Entre 2014 et 2015, les volumes consommés ont progressé de 5 %. « Les Belges se soucient de plus en plus d’avoir une alimentation saine. Les ventes de légumes et poissons progressent au détriment de la viande », explique Business France. Notamment en Flandre, où la consommation de produits de la mer est élevée par rapport à Bruxelles ou à la Wallonie.

Mais quelle que soit la région, les Belges veulent du choix. Certes, le duo cabillaud - saumon pèse plus de la moitié des volumes vendus aux ménages, mais, comme en France, la liste des espèces consommées se distingue par sa variété. Soles, plies, harengs, truites, haddocks, pangas côté poissons, Crangon crangon – crevettes grises pêchées le long de la côte belge – pour les crustacés et bien sûr les moules. La Belgique est le 3e consommateur de mollusques en Europe, après la France et l’Espagne.

Proportionnellement, alors que sa population est 6 fois moins importante que celle de l’Hexagone, la Belgique importe énormément : en 2015, la facture était de 1,84 milliard d’euros, soit seulement 3 fois moins que la France. Une façon aussi de satisfaire aux besoins de l’industrie de la transformation très présente en Flandre. Si le pays importe, il réexporte aussi. « C’est une plaque tournante pour l’entrée des produits de la mer dans l’Union européenne », souligne le gouvernement canadien.

La proximité de la France et la diversité de ses captures en fait un fournisseur de poids. Il est courant de voir « des acheteurs belges arpenter le carreau de Rungis », indique un exportateur français.

Loïc FABRÈGUES

[Enjeux]

Les captures de ses 80 bateaux armés à la pêche, dont une partie part à l’export, ne suffisent à satisfaire l’appétit en produits de la mer de la Belgique. Le recours aux importations est important dans le plat pays, où les produits français se font une belle place. L’Hexagone est le second fournisseur du marché en valeur, derrière les Pays-Bas. Poissons, mollusques et crustacés sont bienvenus. La sensibilité à l’origine des produits augmente. L’image de la pêche française doit rester belle.

Le conseil de Marc Mondus, senior consultant chez GFK Panel services
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« Le critère prix est devenu très important en Belgique. Les consommateurs perçoivent une hausse sur les cours du poisson, tandis que ceux de la viande leur semblent rester stables. Ils n’ont pas tort : le prix moyen du poisson est passé de 14 euros/kg en 2010 à 16 euros aujourd’hui. Cela joue sur les comportements. L’aspect production durable apparaît depuis peu dans les critères d’achats. L’origine des produits prend aussi de l’importance. C’est un plus pour la France car le consommateur belge a une confiance assez forte dans les produits français, notamment ceux issus de la pêche. Les achats de produits de la mer se font surtout en grande distribution. Les poissonneries, qui détenaient 23 % du marché en 2010, n’en ont plus que 18 %. La Belgique est un pays de supermarchés et pas d’hypermarchés comme en France. Il y a aussi beaucoup de supérettes. Les Belges ont donc l’habitude d’acheter leurs poissons au rayon libre-service en préemballé. Les étals de poissons frais ne sont pas si courants que cela dans la grande distribution belge. »

 

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