Conserverie Jean-François Furic : la petite boîte bretonne qui déménage

Le 10/08/2020 à 17:19 par La Rédaction

 

L’historique Conserverie Jean-François Furic de Saint-Guénolé vient de construire un bâtiment moderne pour accompagner son développement sur ses deux marques, la Compagnie Bretonne et Keriti.

 

Conserverie
Jean-François Furic

73 employés
18,5 millions d’euros de chiffre d’affaires
1 500 tonnes de matières brutes, sardines, maquereaux, thons…

Deux marques :
La Compagnie Bretonne, épicerie fine.
Keriti, restauration collective sociale

 

L’histoire de la conserve à Saint-Guénolé, dans le Finistère, vient de faire un grand pas. La Conserverie Jean-François Furic, installée presque sur le port depuis 1998 (mais dont l’histoire trouve ses origines en 1920) a déménagé. Les anciens bâtiments sont toujours debout, vides, en attente de la concrétisation d’un nouveau projet, mais Maria et Sten Furic, le frère et la sœur qui constituent la troisième génération de dirigeants, ont fait élever à quelques kilomètres, un bâtiment contemporain : un véritable saut dans le nouveau monde !

Dans la petite zone d’activité de Prat Gouzien, à l’entrée de Penmarc’h, les lignes élégantes, les façades noires et habillées de bois se distinguent, en attendant de recevoir la nouvelle signalétique. « L’idée d’une construction remonte à 2009, mais elle a réellement commencé à se concrétiser en 2016, détaille Sten Furic. Les travaux ont démarré fin 2018 et nous avons emménagé début janvier 2020, pour un début de production en février. »

Le projet à 10 millions d’euros (porté en partie par Breizh Immo) a permis de construire un bâtiment de 6 100 m2 (contre 3 000 auparavant) sur un terrain de 22 000 m2. Il a été conçu par le cabinet Builtis (Ploufragan) avec quelques axes forts comme la large place donnée à la lumière naturelle (dans les bureaux comme dans l’atelier), l’optimisation des énergies (récupération de la chaleur des groupes froids, des eaux chaudes des stérilisateurs), le fonctionnement des outils frigorifiques au CO2. « Nous avons réorganisé les flux, améliorer l’ergonomie des postes. Nous avons surtout installé une nouvelle ligne d’emboîtage qui autorise plus de polyvalence et de flexibilité, précise Sten Furic. Tout cela va nous permettre de développer le marché de l’épicerie fine, avec plus d’innovation et de création de produits, notamment en tartinables et soupes. »

La marque la Compagnie Bretonne porte la maison. Dédiée à l’épicerie fine, elle représente 35 % du temps de travail dans l’usine, avec des produits phares comme les sardines à l’huile d’olive, les soupes de poisson ou les émiettés de thon aux algues. La moitié de la commercialisation est réalisée en vente directe via un réseau de huit boutiques, installées entre Saint-Guénolé et Guérande, mais aussi des ventes en salons gastronomiques, par correspondance ou en circuit sélectif de magasins. L’idée étant de développer le réseau de magasins au-delà du grand Ouest.

L’autre facette de la maison bigoudène s’illustre avec la marque Keriti, créée en 1980. Orientée vers le secteur de la restauration collective sociale (éducation, santé, armée…) via des grossistes, elle compte cinq gammes, parmi lesquelles sardines, maquereaux et thons sont déclinés à la moutarde, à la tomate ou au vin blanc dans des boîtes 1/1 p (700 g) et 3/1 p (2 100 g).

Les produits élaborés par la Compagnie Bretonne sont alimentés avec de la matière première fraîche en direct des ports bretons, notamment de la sardine de bolinche. À l’inverse, les poissons destinés à la restauration collective arrivent congelés à l’usine. « La sardine est pêchée au Maroc entre juin et novembre et le maquereau, en Irlande ou aux îles Féroé entre novembre et mars », énumère Sten Furic.

Avec sa sœur Maria, ils envisagent avec ce nouvel outil une croissance de 5 à 10 % chaque année. Mais avec une année marquée par le Covid-19, leurs plans ne se déroulent pas exactement comme prévu. Du retard a été pris sur la production, même si elle ne s’est jamais arrêtée, pour répondre notamment aux besoins des hôpitaux ou de l’armée. Ils espèrent que le nouveau magasin d’usine accueillera néanmoins de nombreux visiteurs cet été. Ce nouvel équipement polyvalent de 470 m2 fait partie intégrante du projet. Avec un rôle de vitrine, il présente aux touristes et au grand public le savoir-faire traditionnel des conserveurs de produits de la mer, avec un auditorium, des panneaux d’exposition et un espace de dégustation. Il permet aussi aux responsables du site, très engagés sur le territoire, de prolonger leur investissement auprès de la jeunesse, des écoles, ou des associations sportives et culturelles, dont divers festivals, mais aussi pour l’emploi et l’environnement.

Texte et photos : Dominique GUILLOT

 

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