▼ CHIFFRES CLÉS Population[nbsp]: 22,7 millions d’habitants Monnaie : le franc CFA PIB/habitant : 1 410 $ à fin 2015 Principales enseignes : Importations depuis la France Source : FranceAgriMer, Banque mondiale, Business France |
Avec ses 550 kilomètres de littoral, la Côte d’Ivoire a tout naturellement développé son secteur de la pêche. Mais ses capacités de capture ne suffisent pas à couvrir les besoins du pays en poissons. Abidjan a beau être l’un des plus grands ports thoniers d’Afrique, il faut davantage de volumes pour nourrir les immenses conserveries installées. La France y trouve là le moteur de ses exportations vers le pays. Un moteur qui s’est emballé entre 2014 et 2015, expliquant le bond de 142 % en volume et de 122 % en valeur des ventes françaises à la Côte d’Ivoire. Au besoin d’approvisionnement du secteur de la transformation s’ajoute celui de la population. La pêche ivoirienne couvrirait à peine un tiers de la consommation nationale en poissons. Pour le reste, le pays se doit d’acheter à l’étranger. Son déficit commercial s’accroît. « Les importations de produits de la mer sont en hausse. Elles sont passées de 273 millions d’euros en 2010 à 286 millions en 2015 », indique Constance Tondoh, responsable agrotech chez Business France à Abidjan. Pour les Ivoiriens, le poisson, du fait de son coût bien moins élevé que celui de la viande, reste la première source de protéines. Dans leurs menus, les espèces les plus fréquentes sont le thon, le maquereau, le bar, la dorade, le tilapia ou encore des crustacés tels que les crabes. Des espèces qu’ils consomment en fritures, en grillades ou en soupes, communément appelées sauces, parfois préparées avec des poissons fumés. « Plus de 80 % de ces achats se font sur les marchés informels et traditionnels des produits alimentaires », alerte Constance Tondoh. Les GMS sont, elles, fréquentées par la classe moyenne. « Une population en demande de nouveaux produits », souligne la spécialiste de l’agroalimentaire en Côte d’Ivoire, dont la consigne pour exporter dans le pays est de « trouver un importateur local fiable ». Loïc FABRÈGUES |
[Enjeux]
Avec une croissance de + 8 % en 2015 qui se poursuit en 2016, la Côte d’Ivoire voit émerger et se développer une vraie classe moyenne, estimée à 20 % de la population. Des progressions qui tirent aussi à la hausse les importations de produits de la mer, tant pour alimenter les usines de transformation du thon à Abidjan que pour satisfaire, de plus en plus, les besoins de la population locale. Pour séduire ces consommateurs, le prix est déterminant et la concurrence vive.
Le conseil de Thomas Flajollet, président de Seablue, à Marseille |
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« Cela fait sept ans que nous travaillons en Côte d’Ivoire. En démarchant le pays, nous avons sympathisé avec notre premier interlocuteur. Il reste notre unique client. Nous exportons dans le pays des poissons de consommation courante : chinchard, courbine d’Amérique du Sud, tilapia, panga. Ils arrivent entiers et congelés. Nous les expédions par bateau, depuis leurs pays d’origine. Seablue achète des produits de la mer dans le monde entier, nous sommes présents au Vietnam et en Indonésie. Nous faisons bénéficier notre client de Côte d’Ivoire de cette connaissance des marchés et de notre puissance d’achat. Notre métier de base est la vente de produits de la mer aux consommateurs africains et antillais en France, aux Antilles et à la Réunion. |