Emballages plastique : un pacte national

Le 07/05/2019 à 13:24 par La Rédaction

La pollution par les déchets plastique revient régulièrement à la une de l’actualité. Selon la fondation Ellen MacArthur, plus de 8 millions de tonnes de plastique aboutiraient chaque année dans les océans, ce qui équivaut à décharger chaque minute le contenu d’un camion poubelle en mer. Si rien n’est fait, ce nombre passera à deux par minute d’ici à 2030 et à quatre d’ici à 2050. Son rapport « The new plastics economy » démontre comment les principes de l’économie circulaire appliqués aux flux mondiaux des emballages plastique peuvent réduire leurs impacts sur la santé et l’environnement. Le 29 octobre 2018, en collaboration avec le Programme des Nations unies pour l’environnement, la fondation dévoilait l’engagement mondial pour la « new plastics economy ».

Parmi les signataires : des instances gouvernementales, des ONG, des universités, des investisseurs, mais aussi des entreprises comme Danone, H & M, L’Oréal, Mars, Pepsico, Coca-Cola, Unilever…, totalisant 20 % des emballages plastique utilisés dans le monde. Pour fédérer les initiatives nationales, la fondation Ellen MacArthur a créé un réseau mondial des « Plastics pact ».

C’est sur cette vision que se fonde le Pacte national sur les emballages plastique, signé le 21 février dernier par Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, les entreprises Auchan, Biscuits Bouvard, Carrefour, Casino, Coca-Cola European Partners, Danone, Franprix, L’Oréal, LSDH, Monoprix, Nestlé France, Système U, Unilever, la fondation Tara Expéditions et le WWF France. Il s’inscrit « dans la lignée de la feuille de route sur l’économie circulaire et de la stratégie européenne sur les matières plastiques, et dans la perspective de la loi économie circulaire, précise le ministère. Les signataires souscrivent à une vision commune de l’économie circulaire, selon laquelle le plastique, source de pollution majeure, ne devient jamais un déchet ».

Les objectifs sont ambitieux. Leurs engagements visent 60 % d’emballages plastique recyclés d’ici 2022 et 100 % d’emballages réutilisables, recyclables ou compostables d’ici 2025. « Le pacte signé aujourd’hui est une étape majeure dans la lutte contre la pollution plastique. Cette convergence sur le constat, le discours et les actions est inédite en France et unique en Europe », déclarait à cette occasion Brune Poirson.

Les distributeurs annoncent déjà des solutions concrètes. Casino, par exemple, supprimera d’ici à 2020 tous les couverts et accessoires plastique à usage unique dans les salades traiteurs et briquettes de jus de fruits. D’ici à 2022, il remplacera les emballages sans filière de recyclage (PVC (1) et PSE (2)) par des emballages recyclables. Les barquettes en PSE des produits frais préemballés vendus aux rayons boucherie, marée, fromage et charcuterie sont concernées en priorité. Le groupe augmentera progressivement la quantité de plastique recyclé dans les emballages avec un objectif de 25 % incorporé dans les bouteilles en PET (3) de boissons d’ici à 2023. Parallèlement, il développera de nouveaux concepts de vrac.

Les principaux changements du pacte

 Établir une liste des emballages problématiques ou inutiles pour lesquels des mesures d’élimination devront être prises.

 Atteindre collectivement 60 % d’emballages plastique effectivement recyclés
d’ici à 2022.

▩ Écoconcevoir les emballages pour les rendre réutilisables, recyclables ou compostables à 100 % d’ici à 2025.

Mener des actions de sensibilisation et de pédagogie auprès du grand public
sur les enjeux de la pollution plastique.

Carrefour remplacera dès cette année les barquettes en PSE du rayon fromagerie par des barquettes en carton. Le sachet plastique enveloppant la banane bio équitable ou encore le film plastique entourant le concombre disparaîtront au profit d’une bande élastique. Depuis peu, le groupe donne par ailleurs à ses clients la possibilité d’apporter leurs propres contenants aux stands poissonnerie, boucherie-charcuterie, fromagerie et traiteur. Il leur proposera aussi d’acheter et de réutiliser des sacs en coton bio pour transporter leurs fruits et légumes.

Auchan teste des sacs en filet lavables et réutilisables. Pionnier de la vente en vrac en distribution avec les produits économiques self discount en 2004, le groupe, qui a depuis étendu ce mode de vente à des produits d’épicerie et bio, devrait élargir son offre. Il travaille aussi à réduire, supprimer ou rendre recyclables les emballages plastique des produits métiers de bouche à sa marque. Parallèlement, Auchan mène un travail de fond pour réduire la présence des perturbateurs de tri (pigments, colles, étiquettes…) dans ses emballages et conditionnements plastique, à commencer par ceux de ses marques propres alimentaires.

 Anne-Caroline RENARD

 

(1) Polychlorure de vinyle - (2) Polystyrène expansé - 

(3) Polytéréphtalate d’éthylène

 

  • Facebook
  • Twitter
  • LinkedIn
  • More Networks
Copy link
Powered by Social Snap