[ Retour sur le projet ] L’idées Les préséries Le lancement |
Actalia, premier centre technique agroalimentaire en France, regroupe sur une dizaine de sites six pôles de compétence, dont deux sur la sécurité des aliments et l’innovation. Le centre a ouvert en septembre 2015 deux « food lab », un à Saint-Lô (Manche) et l’autre à Rennes (Ille-et-Vilaine). « Nous sommes concepteurs et développeurs à la fois en marketing, design et R & D, explique Vanessa Reynier, directrice d’Actalia innovation. Notre équipe de six personnes collabore avec des industriels ou dans le cadre de projets collaboratifs. Nous partons d’une phase exploratoire du marché pour pointer les problématiques. Le second volet consiste à proposer des solutions en générant des concepts d’aliments. Nous sélectionnons ensuite les plus performants pour les développer techniquement. » Le projet avec Cogumer, qui a abouti à la création de la gamme La cuisine de Lucette, est passé par toutes ces phases. L’entreprise guyanaise exerce les activités de pêche et de première transformation. Elle a sollicité Actalia en 2011 pour accompagner une démarche de valorisation de poissons locaux : machoiran blanc, acoupa aiguille, croupia. Des espèces traditionnelles, abondantes dans les eaux guyanaises, mais sous-consommées, alors que les importations de colin et de cabillaud croissent. Le projet passe par une phase exploratoire, des réalisations de préséries et la création d’une véritable usine. « Nous avons élaboré des recettes artisanales qu’il a fallu transformer en recettes industrielles, alors que la filière agricole n’existe pas en Guyane. Cogumer est un pionnier, avec la première usine agroalimentaire d’envergure sur le territoire. » Le site, érigé selon les recommandations d’Actalia en termes de dimensionnement et d’investissement, permet de traiter deux tonnes par jour de produits finis, à partir de filets faits main et de chutes de parage (mais pas de pulpe). La marque La cuisine de Lucette compte aujourd’hui cinq références : un steak haché d’acoupa au citron vert ; un de machoiran au curry coco ; un de croupia à la créole (4 x 100 gr sous vide avec film imprimé) ; et dans un esprit « apéritif », des boulettes de machoiran à l’indienne et d’autres d’acoupa à la guyanaise (poche de 2 x 200 gr). Bientôt des déclinaisons de gamme à base de dorade et thon pour les Antilles et un projet de produit traiteur suivront. L’approche d’Actalia n’est pas toujours aussi globale. Dans le cadre de la création d’un centre aquacole en Normandie, Actalia a mené Explore, une étude destinée à faire le point sur l’image des produits d’aquaculture auprès des consommateurs. Le but : définir leurs attentes. Avec les producteurs de spiruline, et sur un projet labellisé Valorial, le centre technique a cherché à développer la consommation quotidienne de cette algue intéressante sur le plan nutritionnel, mais dont le goût et la couleur repoussent. « Nous sommes restés au stade du concept, en imaginant de nouveaux produits snack, des biscuits notamment. » Enfin, avec Reflets de la mer, c’est la dimension technique qui a été mise en avant. « Les "knacks fish", saucisses de saumon et de colin créées par cette entreprise normande, avaient été récompensées aux Trophées de l’innovation. Mais les tests consommateurs n’étaient pas satisfaisants. Nous avons repensé l’ensemble, depuis la maquette jusqu’au transfert industriel, en améliorant le procédé et la formulation. Nous avons ensuite repositionné le produit via une identité graphique et un emballage adapté. » Un vrai check-up pour une nouvelle vie en rayon. Dominique GUILLOT
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