États-Unis : un challenge en perspective

Le 18/09/2015 à 11:00 par La Rédaction

 

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Les États-Unis ne font pas partie des pays qui consomment le plus de produits de la mer dans le monde. En 2013, un Américain dégustait en moyenne 6,58 kg de poissons, coquillages ou crustacés contre près de 35 kg pour un Français. D’une région à l’autre, il y a de fortes disparités. Les habitants des États du nord-est, New York et consort, consacrent un budget près de deux fois plus élevé à l’achat de produits de la mer que ceux du Midwest (Kansas, Missouri, Nebraska, etc.).

Pour alimenter son marché intérieur, le pays a recours aux importations. Selon le service économique de l’ambassade de France à Washington, elles ont représenté « 22,2 milliards d’euros en 2014 » soit plus de 25 % des importations agroalimentaires. C’est en crevettes, saumon et thon que se font la moitié des dépenses.

Un classement qui est le reflet du marché de la consommation. En moyenne, un Américain croque 1,6 kg de crevettes ! Le crustacé est la première espèce consommée suivie du saumon, du thon puis du tilapia et du colin d’Alaska.

Selon une étude du gouvernement canadien, c’est dans les rayons surgelés que les Américains achètent le plus de produits de la mer. Le poids de l’univers grand froid dépasse celui du frais et de la conserve dans les achats des ménages.

Pour s’imposer aux États-Unis, les produits français ne manquent a priori pas d’atouts. « Ils bénéficient d’une très bonne image et sont pour le consommateur américain synonymes de qualité, d’authenticité et de tradition », indiquent les services de l’ambassade de France. Reste que ce marché n’est pas facilement accessible. Les barrières réglementaires, sanitaires ou douanières sont nombreuses. Les huîtres françaises y sont, par exemple, interdites. Les États-Unis et l’Union européenne ont lancé depuis 2013 la négociation du partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (TTIP) qui « pourrait procurer une belle opportunité au secteur agroalimentaire », conclut l’ambassade de France.

Loïc FABRÈGUES

[Enjeux]

Pour les seuls produits de la mer, le déficit commercial de la France vis-à-vis des États-Unis atteint les 168 M€. Y exporter relève du défi pour des Français qui importent en containers entiers saint-jacques, homards, etc. Le marché des produits de la mer américain génère 80 milliards d’euros selon Business France. Selon l’opérateur public d’aide à l’export, les Américains sont « à la recherche de produits de qualité, de nouvelles saveurs et de produits bio ou naturels ».

 

[LE CONSEIL DE Hubert de Praingy,responsable export agroalimentaire - Challenge international]

« Avant d’exporter vers les États-Unis mieux vaut être sûr de l’attrait de sa marchandise. Dans les produits de la mer, les États-Unis importent beaucoup depuis l’Asie, l’Amérique du Sud et le Canada. Le marché est très bien fourni et concurrentiel. Ensuite, il faut s’assurer que le produit sera recevable d’un point de vue qualitatif et technique auprès de l’USDA (United States Department of Agriculture) et de la FDA (Food and Drug Administration). Pour obtenir des numéros d’agrément, il est nécessaire d’envoyer des
  échantillons. Des démarches qui prennent du temps et ont un coût. Enfin, le travail aux États-Unis est très segmenté. Avant de toucher les distributeurs, la marchandise livrée doit passer par un broker pour la douane, puis par un commissionnaire de transport et des logisticiens dont les entrepôts doivent avoir des agréments différents. Chaque étape est morcelée. Pour proposer une prestation logistique globale, Challenge international vient d'ouvrir une succursale dans le New-Jersey. »

 

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