Irlande : le frais a la cote

Le 19/09/2016 à 14:55 par La Rédaction

 

CHIFFRES CLÉS

Population : 4,64 millions d’habitants
Monnaie : l’euro

PIB/habitant : 42 229 € (prévision 2015)

Principales enseignes :
Supervalu, Tesco, Dunnes stores,
Lidl et Aldi

Importations depuis la France
en 2015 :
2 759 t (+57 %) pour 17,72 M€ (+44 %). Le saumon représente près de la moitié des volumes achetés en France par l’Irlande, viennent ensuite l’huître (naissain), puis les crevettes et les divers poissons de mer filetés.
Taux de TVA : 0 % pour la grande majorité des produits alimentaires dont les produits de la mer. 7 % en restauration.

 

Source : FranceAgriMer, Banque mondiale, Business France

 

L’Irlande n’apparaît pas, au premier coup d’œil, comme un marché riche en débouchés pour les produits de la mer venus de l’étranger. En 2015, le pays a exporté pour 613 millions d’euros de poissons et fruits de mer, soit un montant deux fois supérieur à celui de ses importations. Les apports de la flotte locale en sont la raison principale. Avec un tonnage débarqué quasiment équivalent à celui de la France pour un pays 15 fois moins peuplé, le marché national est loin de pouvoir absorber la production.

D’autant qu’avec 22,3 kg par an et par habitant, les Irlandais ne figurent pas dans le haut du panier des consommateurs de produits de la mer. La situation évolue. « Sur l’année glissante à fin juin 2015, la consommation de poissons progresse de 5,2 % », note Business France. C’est la plus forte hausse de tous les produits alimentaires. Dans leurs choix, les Irlandais restent très classiques. Le podium des espèces les plus consommées est trusté par le saumon, suivi du cabillaud puis des crevettes.

L’évolution notable du marché réside « dans la hausse des ventes de poisson frais », rapporte Business France. De juin 2014 à juin 2015, elles ont fait un bond de 10,4 %. « C’est le poisson emballé en vente en libre-service, en progression de 16,4 %, qui a tiré ce marché vers le haut », poursuit le bureau irlandais de l’agence d’aide au développement des entreprises françaises. Dans le même temps, les produits de la mer surgelés ont vu leurs ventes diminuer de 3,8 %. Ils représentent aujourd’hui 14,5 % du total des produits surgelés.

Dans les marchés à potentiel figure, par ailleurs, celui de la restauration hors domicile. Sa croissance en 2015 s’est élevée à 4 %. La reprise économique du pays en a été l’un des moteurs. Là encore, « la demande en produits frais est en hausse », relève Business France. Reste que les Irlandais aiment à consommer de plus en plus des produits locaux même s’ils apprécient de découvrir de nouvelles saveurs.

Loïc FABRÈGUES

[Enjeux]

L’exportation de produits de la mer vers l’Irlande s’apparente à un challenge. La pêche, l’aquaculture et la transformation des poissons et fruits de mer y sont des secteurs performants. Une étude du gouvernement canadien révèle ainsi que 62 % de la production irlandaise de produits de la mer sont exportés. La France en est, du reste, le premier client. L’Irlande peut, cela dit, représenter un marché d’opportunités notamment pour les produits frais qui tirent les ventes de poissons vers le haut.

Le conseil de Finnian O Luasa, responsable secteur produits de la mer chez Bord Bia
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« Il y a en Irlande une tendance de fond à manger plus sain. La consommation des produits de la mer en bénéficie. D’autant que des campagnes d’affichage et de presse sont menées pour promouvoir certaines espèces comme le merlu, le merlan, l’églefin et, cette année, la moule. L’accent est mis sur l’aspect nutritionnel mais aussi sur la facilité à cuisiner ces produits. Cela aide à lever des freins dans l’esprit des consommateurs.

Le marché irlandais peut paraître complexe. Pour toucher 4 millions de personnes, soit 30 % de la population parisienne, il ne suffit pas d’un seul point de livraison mais il faut servir tout le pays. Cela ne facilite pas la logistique. Mieux vaut donc tabler sur la mise en place de partenariats où le client irlandais devient dans son pays le distributeur.

L’Irlande produit beaucoup de langoustines qu’elle exporte un peu partout. Pourquoi une entreprise irlandaise ne pourrait-elle pas ajouter à son offre de la langoustine de son partenaire français ? Il y a des synergies d’espèces et de marchés qui peuvent être intéressantes à développer. »

 

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