Japon : jouer la carte de l’origine

Le 18/06/2015 à 17:30 par La Rédaction

 

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La tentation d’exporter au Japon peut être grande : le pays figure dans le trio de tête des nations qui achètent le plus de poissons et fruits de mer hors de leurs frontières. Bien que la tendance soit à une baisse de ses importations, le Japon reste le premier marché au monde pour le thon, que les Japonais consomment cru en sashimi et sushi. Les ménages japonais sont aussi très friands de crevettes, de poulpe, d’œufs de poissons, de saumon frais sauvage et d’élevage sans oublier les fruits de mer.
En résumé, « les Japonais sont de très gros consommateurs de produits de la mer en général », sourit Pierre Payen, le directeur général d’Arcane France. Parmi les produits français que distribue au Japon cette filiale de l’entreprise japonaise Arcane figurent les moules de bouchot de Cultimer et plusieurs produits de la marque Groix et nature. « On expédie aussi de la sole et du bar », poursuit-il.

Le commerce avec le Japon nécessite de répondre à certaines exigences. « La sécurité alimentaire y est très stricte. Le pays peut parfois être en avance en matière de réglementation sanitaire », raconte Pierre Payen. Les Japonais restent sensibles à des traditions notamment concernant la manière de tuer le poisson à la façon ikejimé, qui garantit une ultra fraîcheur et l’évacuation du sang. Enfin, mieux vaut éviter les gros conditionnements. « Un sachet d’un kilo de moules ne marchera jamais », prévient le directeur d’Arcane France.

Atomisée, la distribution des produits s’avère plus complexe qu’en France. « Au Japon, vous avez 1 000 chaînes de magasins et presque autant de grossistes », résume Pierre Payen, qui privilégie les circuits de la restauration. Un débouché qui reprend des couleurs. Selon l’antenne locale de Business France, les Japonais, touchés par la crise et la hausse de 5 à 8 % de l’équivalent de la TVA, « recommencent à sortir ». La cuisine française est l’une des deux plus populaires au Japon avec celle de l’Italie.

Loïc FABRÈGUES

 

[Enjeux]

Les Japonais apprécient les produits français, notamment ceux de notre industrie agroalimentaire. Le succès du foie gras au Japon l’illustre et indique un chemin d’accès au marché : la mise en avant de son origine nationale ou locale. Pour valoriser un bar de ligne de l’Atlantique, une langouste de Bretagne ou encore de la moule de bouchot, le Japon offre des marchés de niche intéressants. À condition toutefois de s’adapter aux us et coutumes du pays du Soleil levant.»

 

[LE CONSEIL DE Michel Berthommier, dirigeant de L’Esturgeonnière au Teich]

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« Nous exportons du caviar au Japon depuis plus de 10 ans. Sur un marché de grand export, passer par un importateur/distributeur s’impose. L’exportation vers le Japon n’est pas compliquée en termes de démarches, mais l’éloignement nécessite d’avoir recours à quelqu’un sur place. Il est mal vu au Japon d’avoir plusieurs importateurs dans le pays. L’exclusivité est, du reste, souvent inscrite dans les contrats.

Les Japonais sont très regardants sur les additifs. Pour le caviar, il faut des œufs de poisson et du sel et rien d’autre. Au début, ils vont faire des prélèvements pour vérifier la composition de votre produit. Ensuite, il y aura des contrôles inopinés. Si vous être pris en défaut… Inutile de discuter, ce sera fini ! Les Japonais sont des clients loyaux très exigeants sur la qualité. Ils sont aussi très francophiles avec une vraie culture de la gastronomie. La cuisine française est un de leurs modèles. Toutes ces raisons font du Japon un pays très accueillant pour les produits français. »

 

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