Les Français face aux écolabels

Le 09/11/2016 à 10:48 par La Rédaction
Friands de produits de la mer, les Français prennent conscience du rôle qu’ils peuvent jouer dans la préservation des ressources. « Plus que la moyenne des autres pays étudiés », insiste Édouard Le Bart, directeur du programme MSC en France. Autre point de satisfaction, 72 % des Français estiment que les déclarations concernant la pêche durable sur les marques doivent être labellisées par un organisme indépendant, comme c’est le cas du MSC. « À nous de communiquer plus encore sur cette indépendance et sur notre écoute des avis scientifiques et des ONG, jugés être les plus aptes à protéger les océans », poursuit le responsable, qui avoue qu’un travail de pédagogie reste à faire sur le sujet, comme sur la visibilité de l’écolabel en France. Ils ne sont que 5 % des Français à voir souvent l’écobel et 25 % à le voir occasionnellement. Un chiffre en deçà de la moyenne mondiale. Une des explications tient dans les modes d’acquisition des produits halieutiques dans l’Hexagone. Deux tiers des consommateurs fréquentent d’abord les rayons marée dont l’écolabel est absent sauf, et depuis peu, dans 33 étals marée de Carrefour. Autre constat, dans les pays comme l’Allemagne ou la Suisse, où le label est repéré par 61 et 71 % des habitants, les distributeurs n’hésitent pas à faire des campagnes d’affichage. « Certaines enseignes comme Carrefour, Picard, Lidl, s’appuient sur le MSC pour communiquer autour de la pêche durable. Nous avons bon espoir que d’autres suivent. »

[ Un travail
de pédagogie
à poursuivre]


60 %
des consommateurs ne remarquent pas les produits écolabellisés en faisant leur course.

40 %
des consommateurs
de produitsde la mer
seulement sont convaincus
de l’indépendance vis-à-vis
des gouvernements
et des entreprises
des organisations
à l’origine des labels.

36 %
des consommateurs voient
dans les écolabels un prétexte pour augmenterles prix.


21 %
des consommateurs seulement ont une vraie compréhension
du label MSC.

Source : MSC - Globescan

 

L’idéal étant bien sûr que d’autres enseignes fassent certifier leurs étals marée. « Longtemps, il n’y avait pas assez de pêcheries certifiées pour le faire. Les choses ont évolué. Neuf pêcheries françaises le sont et représentent 10 % des captures. Parallèlement, comme les audits portent sur la traçabilité, la certification MSC pour un distributeur vaut aussi pour les produits d’aquaculture porteurs de l’ASC », poursuit Édouard Le Bart.

Mais au-delà de la visibilité, le responsable sait qu’un effort d’explications s’impose aussi sur les critères de l'écolabel. Seuls 21 % des consommateurs de produits de la mer sont véritablement capables de dire de quoi retourne son logo. Ils ont alors très largement confiance dans ses promesses.

Un point clé pour accepter de payer plus cher pour des produits certifiés. « A priori, 50 % des Français sont prêts à accepter une majoration de 13 % », chiffre Édouard le Bart. Autre progrès, l’approvisionnement durable devance le prix dans les motivations d’achat, le prix est encore en deçà.

Céline ASTRUC

 

Vous avez dit durable ?

◗ Si parfois les consommateurs mettent derrière l’écolabel MSC des critères liés à la qualité, aucun ne l’associe à un label socialement responsable. Une préoccupation qui monte en France. 55 % des Français interrogés dans l’étude s’inquiètent des conditions de travail.
◗ Le comité de direction du MSC au niveau mondial a donc décidé de travailler sur un référentiel intégrant l’aspect social. La difficulté : trouver des critères pertinents, cohérents dans le monde et auditables. Pour y parvenir, le MSC devrait nouer des partenariats.

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