La consommation britannique tire les importations

Le 08/01/2018 à 9:42 par La Rédaction

 

EN BREF


Une balance commerciale déficitaire.
Le Royaume-Uni affiche une balance commerciale pour les produits de la mer déficitaire d’1,4 milliard de livres sterling (1,57 milliard d’euros) en 2016, selon les chiffres donnés par Seafish, l’organisme britannique de promotion de la filière. Le montant des importations, s’élève à 2,9 milliards de livres sterling (3,2 milliards d’euros). Les exportations représentent 1,5 milliard de livres (1,67 milliard d’euros).

Un pays de pêche.
Avec 5 000 navires, les apports se chiffrent à 700 000 tonnes.

La tradition du fish & chips.
L’attrait des Britanniques pour le fish & chips se retrouve dans les chiffres. Selon Seafish, « 80 % de la population y va au moins une fois par an et 22 % au moins une fois par semaine ». Les 10 500 boutiques de fish & chips à emporter que compte le Royaume-Uni servent ainsi quelque 380 millions de repas par an.

Les exportations françaises.  
À destination du Royaume-Uni, elles enregistrent une baisse de 5 % en volumes en 2016 par rapport à l’année précédente, avec près de 93 000 tonnes vendues. À 122 millions d’euros, elles sont, en revanche, en hausse de 3 % en valeur.

 

Quand il s’agit de se fournir en produits de la mer, la France est un très bon client du Royaume-Uni. Elle est même en première position. En revanche, l’Hexagone est à la 14e place dans le classement des fournisseurs du marché britannique. Les Anglais apprécient pourtant de plus en plus poissons et crustacés dans leur régime alimentaire. Avec 24,9 kg consommés par an et par habitant, ils se situent maintenant dans la moyenne européenne. Une consommation pour laquelle le Royaume-Uni a un recours important aux importations. « 75 % du poisson pêché au Royaume-Uni est exporté, principalement vers l’Union européenne, tandis que la grosse majorité des produits de la mer consommés dans le pays est importée », explique un rapport parlementaire de décembre 2016.

Aux maquereaux, harengs, langoustines et autres coquilles Saint-Jacques pêchés par sa flotte, les Britanniques préfèrent le cabillaud en fish & chips, le saumon et les crevettes tropicales. Pour le cabillaud et le saumon, il y a bien un approvisionnement local mais il ne suffit pas à satisfaire les besoins du marché. Ces deux espèces figurent en haut de la liste des produits importés, devant le thon et les crevettes. « Ce n’est pas la pêche de Boulogne ou de Bretagne que l’on va exporter là-bas. Ils ont les mêmes espèces et ils sont excédentaires », résume Marc Salmon. Le patron de Whitelink Seafoods France, dont la maison mère se situe en Écosse, avait bien une activité d’export vers le Royaume-Uni il y a une quinzaine d’années mais elle s’est arrêtée. « C’était du négoce de daurades et de crevettes. Ils se sont fournis directement chez les producteurs. » Le négoce, en l’occurrence de crevettes et de saumon, reste, après le commerce du thon, la nature principale des exportations françaises vers le Royaume-Uni.
D’autres espèces s’y vendent. Aquanord et Acquadea, deux sociétés du groupe Gloria Maris, y ont trouvé un débouché pour leurs productions aquacoles de bars, de maigres et de daurades, en bio et en label Rouge principalement. « Ces produits haut de gamme intéressent les Britanniques. Comme le consommateur est sensible à la traçabilité et à la sécurité alimentaire, les différents labels et certifications que nous avons obtenus, comme le Global Gap ou le Friend of the Sea, nous ont permis de conforter notre position sur ce marché. » Quant au Brexit, « on n’est pas particulièrement inquiet au regard de notre positionnement haut de gamme. Ce sont les Grecs et les Italiens qui devraient plus subir la concurrence turque », rapporte le service communication de Gloria Maris Groupe.

Le Royaume-Uni est aussi un marché historique pour Pomona Export. « On y vend toute la gamme : des coquillages, des produits frais et des produits élaborés », indique Jordi Olle. Le responsable du département export Europe voit, cela dit, du changement dans le marché depuis le Brexit. La parité euro - livre sterling n’y est pas étrangère. « Comme le taux de change est moins favorable pour les produits français, ils regardent plus à se fournir sur leur marché national. Alors qu’ils achetaient de la sardine en France, maintenant, ils la prennent plus souvent chez eux », cite-t-il en exemple.

Un certain patriotisme serait aussi dans l’air du temps. « Les Britanniques préfèrent habituellement les petits couteaux qui viennent principalement des Pays-Bas aux grands pêchés en Écosse. Désormais, ils s’accommodent très bien des couteaux écossais. La dynamique du Brexit, elle est là. Reste que le Royaume-Uni a de gros besoins », rassure Jordi Olle.

Loïc FABRÈGUES

 

  • Facebook
  • Twitter
  • LinkedIn
  • More Networks
Copy link
Powered by Social Snap