Le nouveau siège du réseau Le Saint, à Guipavas, près de Brest, est à la hauteur des ambitions
du distributeur finistérien multiproduits frais. La marée a toute sa place grâce aux filiales de mareyage
implantées en Bretagne, Normandie et dans le Sud-Ouest. En progression constante depuis 2002,
les ventes de produits de la mer atteignent 100 millions d’euros.
Le Saint Siège : Guipavas (29) Dirigeants : Gérard et Denis Le Saint, co-présidents Activités : mareyage et Chiffre d’affaires : Clientèle : 27 585 clients Effectif : 1 500 salariés |
Impossible de rater le navire amiral du réseau Le Saint en bordure de la quatre-voies qui trace un trait de Brest jusqu’aux portes de la Bretagne. Le nouveau siège de Guipavas symbolise la réussite d’un marchand de fruits et légumes finistérien devenu, soixante ans plus tard, distributeur multiproduits frais et ultra-frais, leader dans la grande région Ouest. Autrement dit, en circuit court quand il s’agit de périssables comme les fruits et légumes, la viande, les produits laitiers et plus encore les fleurs ou les produits de la mer. Distributeur au sens complet du terme, à savoir capter le produit au plus près et assurer la logistique du dernier kilomètre en livrant un « panier » complet de produits à chaque client. Conçu pour unifier et optimiser les métiers, le site emploie 250 personnes. Il regroupe les fonctions administratives, financières, marketing, commerciales et informatiques. Bureaux et locaux sociaux privilégient le confort au travail. Intégré au siège, le bâtiment logistique (10 828 m2) comprend une chambre froide positive dotée de quatre cellules classées ICPE (1). Les 22 portes de la plateforme et les travées correspondantes accueillent une cinquantaine de camions par jour. L’architecte du site, François de La Serre, a privilégié l’orientation sud des bâtiments et des quais afin d’éviter les vents dominants tout en favorisant les apports solaires. « Guipavas est le grand frère de ce que sera la nouvelle plateforme de Couëron, opérationnelle l’an prochain près de Nantes. Ces nouveaux outils permettent de massifier la redistribution de fruits, légumes, produits de la mer, et de jouer sur la proximité client. Notre flotte intégrée comprend une cinquantaine de véhicules en Finistère. La mise en place de passerelles entre toutes les composantes du réseau permet de faire remonter la marée bretonne en Normandie et inversement », explique Yann Kerdraon, directeur général des ventes du réseau et patron du pôle mer chez Le Saint. Lancée en 2002, l’activité marée s’est rapidement développée en Bretagne, Normandie et dans le Sud-Ouest. Présentes à l’achat sous 26 criées de Dieppe à Saint-Jean-de-Luz, ses six entités – Top Atlantique, Ybert, Pons Marée, Cap Marée, Sobomar et Garonne Marée – totalisent 100 millions d’euros de chiffre d’affaires. Et ce n’est pas terminé, si l’on en croit les besoins en personnel. « Environ 300 personnes travaillent déjà à la marée et nous recherchons des compétences dans la vente, la préparation de commandes, l’agréage et le filetage », prévient Yann Kerdraon. À l’échelon breton, Top Atlantique joue les chefs de file dans le modèle de fonctionnement. Avec deux outils de mareyage au Guilvinec et à Lorient, la filiale découpe du poisson et expédie une gamme complète de produits de la mer sur les plateformes du réseau. Premier acheteur de langoustines vivantes sous la criée du Guilvinec, Top Atlantique annonce les volumes entre 16 h 30 et 17 h 30 ; un camion spécial part du port bigouden et dispatche à Quimper vers Keroman et Guipavas via une navette interne. Lorient réceptionne et répartit aussi les arrivages de Boulogne en saumon et poissons blancs achetés par Vivafysh, le bureau d’achat commun de la coopérative Vivalya à laquelle adhère Le Saint. « Là encore, Vivafysh permet de massifier et donc de réduire les coûts. Nous pesons en même temps davantage sur les fournisseurs étrangers, à qui nous pouvons proposer de distribuer leurs produits au travers de notre réseau », signale Yann Kerdraon. À Guipavas, la zone de transit de Top Atlantique livre le nord Finistère mais son rôle ne s’arrête pas là. « Des produits locaux comme les huîtres de Prat-Ar-Coum ou les tourteaux de Plouguerneau arrivent ici et repartent sur d’autres sites distributeurs comme Trémuson, Nantes ou Caen. Dans la même optique, j’achète également à la criée de Brest. Nous avons aussi une liaison directe avec Concarneau. Un chauffeur achète sur place la langoustine et les produits côtiers, il remonte ensuite livrer le Finistère nord », explique Christophe Saint-Jalmes, responsable d’exploitation marée à Guipavas. Toute la force de la marée Le Saint s’exprime dans l’organisation des flux. Ses mareyeurs disposent d’un atout compétitif non négligeable en diffusant leurs produits auprès d’une clientèle diversifiée en région grâce à la logistique propre au réseau. Textes et photos : Bruno VAUDOUR (1) Installation classée pour la protection de l’environnement. |
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