▼ LES ÉMIRATS ARABES L’exposition universelle en 2020. Dubaï accueillera l’exposition universelle en 2020. L’émirat a déjà budgété une enveloppe de 18 milliards de dollars (17 milliards d’euros) pour cet événement. De quoi recevoir comme il se doit les 25 millions de visiteurs attendus pour l’occasion. La France, fournisseur qui compte. En 2015, la France s’est située à la 12e place des pays exportateurs de produits agroalimentaires vers les EAU. À près de 410 millions d’euros, elles ont progressé de 6 % par rapport à 2014. Elles ont surtout plus que doublé depuis 2010. Les produits de la mer participent à cette croissance. À 393 tonnes exportées depuis la France en 2015, ils augmentent par rapport à 2014 de 26 % en volumes et de 29 % en valeur pour atteindre 5,11 millions d’euros. Les huîtres constituent le plus gros des tonnages. Une TVA en préparation. En janvier 2018, les états du Conseil de coopération du Golfe, qui comprend l’Arabie saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, les EAU et le Qatar, doivent mettre en place une TVA sur les produits et les services. Le taux serait de 5 %. Restauration rime avec centre commercial. La population émirienne se situerait en 3e position mondiale, derrière la Suisse et la Norvège, en matière de dépenses dans les centres commerciaux, selon un rapport réalisé par le cabinet de conseil en immobilier CBRE. « 60 % des résidents du pays visiteraient ces centres uniquement pour se restaurer », relate Business France. |
Se lancer dans le grand export n’a rien d’évident. Il faut s’y atteler d’autant plus que chaque région du monde a ses pratiques. Les Émirats arabes unis (EAU) pour le Moyen-Orient ne font pas exception. « Le contact commercial se fait à l’ancienne. Des appels téléphoniques, des mails ne suffisent pas. Il faut se voir, se parler. C’est du commerce de face-à-face », raconte Leïla Royer, responsable marketing et communication chez R & O Seafood Gastronomy. Trois ans que le grossiste en produits de la mer se rend à Dubaï, une des sept monarchies des EAU, à l’occasion du Seafex. Organisé au Dubai World Trade Centre en même temps que le Speciality Food Festival pour les produits gourmets et le Yummex pour les confiseries, ce salon, né il y a 27 ans et dédié aux produits de la mer, permet à l’entreprise d’y rencontrer ses partenaires locaux. « C’est un lieu pour faire du relationnel et un bureau d’affaires. Cela permet aussi de se tenir au courant de l’évolution du marché qui bouge très vite. La première fois, on y est allé pour savoir qui faisait quoi et où étaient les potentiels », explique la responsable marketing. Avec son haut niveau de pouvoir d’achat, un tourisme en plein boom avec près de 15 millions de visiteurs en 2016 et des complexes hôteliers cinq étoiles qui poussent comme des champignons, les EAU et particulièrement Dubaï ne manquent pas d’opportunités. Des pays du Golfe, les émirats sont ceux où la consommation de produits de la mer est la plus élevée avec 28,8 kg par habitant. Quand bien même ce marché n’est pas très important, compte tenu des 10 millions d’habitants dans le pays, et concerne avant tout des espèces locales ou peu valorisées venues d’Asie, de Turquie ou de Grèce, Dubaï s’avère une plateforme internationale de première importance. « Dubaï réexporte 50 % de ses importations alimentaires vers 160 pays dont ceux du Golfe, le sous-continent indien, l’Afrique du Nord et de l’Est ainsi que l’Asie centrale », indique Business France. Pour y promouvoir l’offre française, l’opérateur public organise, lors du Seafex, un pavillon France situé dans le hall du Speciality Food Festival. Une implantation dans la partie produits gourmets qui, pour R & O Seafood Gastronomy, présent sur ce pavillon l’an dernier avec Labeyrie Fine Foods entre autres, a du sens. « Plutôt que grossiste en produits de la mer, le made in France est la carte à jouer à Dubaï », indique Leïla Royer. Pour asseoir son image sur des produits de qualité, l’entreprise a organisé des dégustations de sa crevette bio de Madagascar. Hormis la fourniture sur le pavillon d’un stand clé en main pour lequel il faudra compter 5 000 euros pour un 9 m2, des informations sur le marché, un appui pour être en conformité avec la réglementation du pays, Business France s’attache à créer l’événement autour de la présence des entreprises françaises au salon. « À Dubaï, l’image est très importante. Il faut notamment être présent dans la presse », souligne Gouënaelle Buffard, en charge du salon au niveau de Business France à Paris avant de laisser la main pour la prochaine édition à Margaux Houllier. Avec 30 000 visiteurs annoncés par les organisateurs lors de l’édition 2016, le salon attire avant tout « un public très qualitatif », indique Sophia Salmi, responsable agrotech chez Business France à Dubaï. « Les acheteurs ont le temps de se poser pour discuter », renchérit Gouënaelle Buffard. Un bon départ pour faire du business. Loïc FABRÈGUES
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