▼ EN BREF
Le frais domine les achats : Les Espagnols aiment acheter leurs poissons frais. Ils sont ainsi 65 % à opter pour ce type de produits, contre 34 % en moyenne en Europe. Les Espagnols sont, du reste, ceux qui fréquentent le plus les poissonneries dans l’Union européenne avec 52 % de la population, contre 40 % en Europe. Les exportations françaises en hausse : La France conforte sa position en Espagne. En 2016, les exportations de produits de la mer français ont augmenté de 8 % en volumes par rapport à 2015 pour dépasser les 70 000 tonnes. Le thon, |
Le premier débouché à l’exportation, pour les produits de la mer français, se situe juste au-delà des Pyrénées. L’Espagne a un féroce appétit pour les produits issus de la mer ou de l’aquaculture. Avec 46,2 kg par an et par habitant, le pays se classe à la troisième place des plus gros consommateurs de poissons et de fruits de mer dans l’Union européenne, derrière le Portugal et la Lituanie. Et bien que l’Espagne truste la première place en Europe, aussi bien au niveau des apports avec sa flotte de pêche, 900 000 tonnes, qu’au niveau de la production aquacole, 285 000 tonnes, elle est loin de l’autosuffisance. Le think tank New Economics Foundation a calculé que le jour de dépendance du pays à l’égard du poisson, date à laquelle la production nationale ne couvre plus les besoins du marché intérieur, est survenu cette année le 9 mai. La France, à titre de comparaison, a réussi à pousser jusqu’au 27 mai et les pays de l’Union européenne ont tenu jusqu’au 6 juillet en moyenne. Pour pallier ce manque, l’Espagne se tourne évidemment vers l’extérieur. Une étude du gouvernement canadien situe le royaume d’Espagne à la quatrième place mondiale des pays importateurs, derrière les États-Unis, le Japon et la Chine avec près de L’exportation de merlus vers l’Espagne, Thomas Diaz en a fait son affaire. Gestionnaire d’une flotte de fileyeurs et de palangriers franco-espagnols « ciblant à 98 % l’espèce », le gérant de la société Euro-servicepesca y trouve son principal débouché pour les 6 500 tonnes qu’il commercialise en gré à gré à la criée de Saint-Jean-de-Luz/Ciboure. Pour le natif de Franche-Comté, le constat est simple. « Le marché du poisson en Espagne se porte bien. C’est une protéine qui est recherchée. La seule problématique serait de ne pas avoir un prix suffisant pour couvrir les frais de la pêche. Cela s’est produit à la fin des années quatre-vingt-dix pour des problèmes de ressources. Ce n’est plus le cas », assure t-il. Il vendrait son merlu moins cher en France. « Le marché français ne serait pas capable d’absorber les volumes qui partent en Espagne », ajoute-t-il. Le prix reste un élément à ne pas négliger lorsqu’il s’agit de vendre en Espagne. L’économie espagnole a beau avoir repris le chemin de la croissance avec une perspective de 2,4 % de hausse en 2017, une étude sur les habitudes de consommation des produits de la pêche et de l’aquaculture, réalisée par Kantar TNS, pour le compte de la Commission européenne, souligne que « huit Espagnols sur dix» en consommeraient plus s’ils étaient moins chers. Derrière l’apparence du produit, le prix est le deuxième critère pris en compte dans l’acte d’achat de produits de la mer par les Espagnols. Business France note, par ailleurs, « une hausse des importations des produits de la mer haut de gamme » dans le pays. Une progression « qui profite au Maroc et à l’Argentine », ajoute l’agence française de soutien à l’exportation. « Le prêt à consommer commence à faire son apparition. Les produits de la mer en barquette ont eu du mal à percer mais ils arrivent doucement », constate, de son côté, Thomas Diaz. Lui continue, toutefois, de vendre ses merlus frais et entiers. Loïc FABRÈGUES
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