L’huître, c’est automatique

Le 22/05/2017 à 10:00 par La Rédaction

 

« La distribution automatique permet
de répondre à une forte demande entre 18 h 30 et 22 h. »

Tony et Brigitte Berthelot,
l’Huîtrière de Ré

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[ Retour sur le projet ]

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L’idées.
Installer un distributeur automatique à température dirigée pour pouvoir vendre des huîtres 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et s’affranchir des contraintes d’ouverture
de la boutique, fermée notamment entre 12 h 30 et 15 h et après 18 h ou 18 h 30 en saison. « Mais les gens, notamment ceux qui habitent sur l’île, les fidèles, peuvent être coincés dans des embouteillages durant ces heures d’ouverture, rappellent Tony et Brigitte Berthelot. Cependant, nous devons aussi consacrer du temps aux parcs.

Choix.
Un distributeur Filbing
de 29 casiers. Modulable,
il pourra en proposer le double en cas de succès, sans que
le système de paiement ne doive être doublé. Les casiers sont chargés tous les matins,
la traçabilité comme
la température de conservation sont disponibles en toute transparence.

L'ambition.
Augmenter le chiffre d’affaires
de l’entreprise, aujourd’hui
de 150 000 euros, de 20 %.
La production de 40 tonnes
peut facilement être développée. Enfin, les deux exploitants ostréicoles pourront profiter un peu plus de leurs week-ends.

 



 

Un distributeur automatique. Brigitte et Tony Berthelot, de l’Huîtrière de Ré, y ont pensé voilà presque dix ans afin d’étendre leurs horaires d’ouverture. Car entre le travail de producteurs qui suit le rythme des marées, l’accueil de 5 000 à 6 000 visiteurs par an sur l’exploitation, leur boutique de vente directe, le couple a des horaires particulièrement contraints. « Notre équipe se résume à trois personnes. Difficile, même en pleine saison, d’ouvrir à l’heure du déjeuner et au-delà de 18 h 30 », explique Tony Berthelot.

« Quand Gillardeau a installé son distributeur automatique voilà dix ans, nous avions trouvé l’idée géniale et nous nous étions penchés sur la question. Mais la machine, réalisée sur mesure, nous a paru extrêmement onéreuse à l’époque. Sans compter qu’il fallait lui trouver une place, poursuit l’ostréiculteur. Nous en sommes donc restés là. Mais récemment, alors que nous nous promenions près de Nantes, nous avons vu avec ma femme un distributeur automatique d’œufs dans le champ d’une ferme. La valeur d’un œuf étant plus faible que celle d’une huître, nous avons décidé de retravailler le sujet. »

Les deux exploitants ostréicoles, qui ont décidé dans les années 2000 de ne plus travailler pour la grande distribution mais de vendre leurs huîtres 100 % en direct, ont donc relevé le nom du fabricant de machine : Filbing Distribution. « Une société alsacienne, de petite taille, ultra-réactive , vante Tony Berthelot. La prise de contact est bonne, le coût de la machine, équivalent à celle d’un tracteur », est amortissable en cinq ans. Brigitte et Tony Berthelot se lancent.

Pour accueillir le distributeur automatique, un équipement de 3 mètres de long et 1,80 mètre de hauteur, le couple réaménage lui-même la salle de dégustation d’une capacité de 100 personnes. « L’avantage, c’est que la salle est proche d’un parking, où se garent les cars de touristes qui viennent visiter l’exploitation », précise Tony Berthelot. Pour le producteur, disposer d’un parking et placer le distributeur automatique sur le lieu de production est une des clés du succès. « Cela renforce le lien direct. Éloigner la machine entraînerait des contraintes et des risques logistiques », justifie-t-il.

En effet, tous les matins, les bourriches sont mises dans les casiers. Les clients peuvent, sur la fiche de suivi et de traçabilité, lire la date et l’heure de mise en casier ; la température à l’intérieur du distributeur s’affiche clairement au-dessus du module de paiement. Les clients peuvent, au choix, commander leurs bourriches et solliciter l’ouverture des huîtres ou s’approvisionner à l’improviste 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. « Sur mon téléphone, je reçois une alerte dès que le nombre de casiers pleins est faible. Dans ce cas, nous pouvons rapidement revenir recharger, notamment le week-end. » Si les ventes sont faibles, les huîtres vivantes qui peuvent tenir jusqu’à 48 heures dans le casier, sont remises à l’eau et seront reproposées plus tard.

Opérationnel depuis fin mars, le distributeur automatique rencontre un certain succès, « malgré un petit bug à notre première commande !, s’amuse Tony Berthelot. En effet, le code que nous avions donné ne fonctionnait qu’en mettant un zéro devant, nous l’ignorions. Mais tout est rentré dans l’ordre rapidement. » Aujourd’hui, l’Huîtrière de Ré dispose de 29 casiers, de trois tailles différentes : 20 standards, trois pour les grosses commandes, et six pour proposer des produits de l’île – soupe, sel, kit d’ouverture… Les deux producteurs espèrent voir leur chiffre d’affaires progresser de 20 % et connaître, à cinquante ans passés, ce que le mot repos veut dire.

Céline ASTRUC

 

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