« Le prix peut être un frein. Trop Johan Leclerre |
[ Retour sur le projet ] L’idée Mise au point Ambitions |
Avec ses 4 400 m2 de surface de vente, sa jardinerie de 3 300 m2, sa parapharmacie de 450 m2 et ses deux drive, l’enseigne de grande distribution Leclerc de Pont-l’Abbé, dans le Finistère, se porte bien. En jouant la carte du développement durable et de l’économie circulaire, l’enseigne se distingue par une succession de projets variés : production d’électricité photovoltaïque sur les toits, récupération des eaux de pluie, revalorisation des déchets, production de compost, gestion stricte du gaspillage alimentaire. Au chapitre mobilité, vélos et voitures électriques sont à la disposition du personnel, sans compter la revalorisation d’une friche en parc de loisirs. « Je suis un disciple de la blue économie depuis 20 ans et je travaille beaucoup sur les problématiques d’environnement. Une fibre personnelle, en phase avec les grands axes du groupe. Cette approche constitue un véritable argument économique car cela profite à l’amélioration de la productivité de l’entreprise », estime Patrick Bellec, patron de l’hyper. Son plus récent projet, Alg’in Town, mise sur la production de spiruline. Sur les pas de Gunter Pauli, Patrick Bellec souhaite aller plus loin que le recyclage : « la spiruline offre un niveau de protéines très élevé et cette micro-algue constitue l’un des éléments de l’alimentation du futur. Or, notre job est de nourrir les gens. » Alg’in Town, qui demeure, dans sa phase pilote, une filiale de la holding propriétaire du centre Leclerc, s’est lancée dans l’aventure en partenariat avec Energaïa – bioréacteurs en Thaïlande-, Solarus - panneaux solaires aux Pays-Bas- et Barillec - lumières et thermie - du groupe Vinci. « Nos premiers bioréacteurs, arrivés de Thaïlande, permettent de produire à la verticale, en milieu urbain et sur des espaces restreints. Nous travaillons à leur optimisation dans le climat breton et allons produire notre première spiruline fin juillet. » À terme, le projet comprendra 120 bioréacteurs installés sur le toit du centre et connectés au réseau photovoltaïque. L’idée est d’avoir huit niveaux d’activité : de la biomasse en sous-sol ; l’activité traditionnelle de commerce au rez-de-chaussée ; de la déshumidification de l’air entre le plafond et le toit, pour fabriquer de la glace pour la poissonnerie ; de l’éclairage LIFI ; de la biodiversité urbaine avec la spiruline ; de la récupération d’eau pluviale ; de l’électricité photovoltaïque et, enfin, de la captation de Co2, grâce à la spiruline. Le travail de R & D, axé sur un processus fiable de production de spiruline, débouchera sur la commercialisation de produits traiteur, fabriqués localement, et commercialisés sous diverses marques, selon la qualité et les volumes. « Pâte à tartiner, condiments,... les utilisations sont multiples. Nous avons déposé plusieurs marques, caviar de spiruline et diverses appellations locales bretonnes, spiruline de Cornouailles, de Roscoff, pour la revente dans des circuits spécialisés. Nous avons aussi créé la marque Les agités du bocal, avec des bocaux consignés et une étiquette en papier pierre, issu à 80 % de roche. Le but est de développer un marché, qui dépend pour l’instant à 85 % de l’importation, en laissant notamment le process en open source. Tout cela reste expérimental et peut s’arrêter en octobre, après un premier bilan. C’est l’esprit du capital risque : si cela ne marche pas, il faut savoir fermer vite. À l’inverse, si le modèle est bon, il faut le dupliquer rapidement ! » Dominique GUILLOT |