Ovive, le fer de lance d’Aqualande

Le 18/05/2017 à 11:15 par La Rédaction

 

Créée en 2003, Ovive est la marque numéro un de la société Aqualande pour la commercialisation de la truite fumée, son produit phare. Une marque en pleine croissance sur laquelle le groupe coopératif joue la carte de la transparence auprès des consommateurs. Et pour alimenter sa croissance, l’entreprise landaise souhaite ouvrir de nouvelles piscicultures.

Groupe Aqualande

Président : Jean-Claude Béziat

Siège social : Roquefort
(Landes)

Chiffre d’affaires : 115 M€

Effectifs : 700 personnes

Production : 11 379 t de truites dont 12 % en bio

Truites fumées : 3 240 t, soit 70 % du marché français

Truites portions, de 500 g et 1 kg pour le frais et le surgelé : 1 200 t

Œufs embryonnés de truites : 5 millions d’unités par an

Aquaculture marine : 95 millions d’alevins par an de daurades, bars et maigres ; 400 à 450 t d’élevage.

 

Ovive

Production : 867 t

Chiffre d’affaires : 21 M€

Effectifs : 150 emplois

Références : 26 dont 3 bio qui représentent 13 % du chiffre d’affaires de la marque.

 

 

« Je vous parle d’un temps… » Eh oui ! Il faut avoir plus de 20 ans, comme le chantait Charles Aznavour, pour avoir vu de ses yeux l’ouverture de la dernière pisciculture de truites en France. C’était en 1994. À une époque où la production nationale flirtait avec les 60 000 tonnes contre 36 000 en 2016. Un temps encore où le nombre de piscicultures en France s’élevait à 800 contre 500 à 600 aujourd’hui. Plantée au pied de la chaîne pyrénéenne, sur la commune de Bruges, dans les Pyrénées-Atlantiques, la pisciculture de Bernard Gassie, créée par son père dans les années 1950, fait figure d’exemple pour sa longévité. Durer dans le métier n’a rien d’une sinécure.

« Aucun autre type d’élevage, qu’il soit porcin, bovin, et j’en passe, ne doit, comme nous, renouveler tous les dix ans notre autorisation d’exploitation », pointe le pisciculteur, en cours, justement, de renouvellement. Adhérent depuis le 1er janvier 1990 au groupe coopératif Aqualande, Bernard Gassie a une particularité. Sur les 31 piscicultures au sein d’Aqualande, la sienne est l’une des rares à être alimentée en eau de source. À l’œil du Béez, à deux kilomètres de son site d’alevinage, sort sous un rocher l’eau qui va lui servir à alimenter sa ferme aquacole et produire environ 150 tonnes de truites par an, dont la moitié de poissons de 3 kg destinés à la fumaison.

« À 90 %, cette production sera commercialisée sous la marque Ovive et la référence truite fumée des Pyrénées », indique Stéphane Dargelas, le directeur commercial et marketing d’Aqualande. Sur un marché français de la truite fumée qui a doublé en sept ans pour atteindre 4 135 tonnes en 2016, la marque Ovive pèse, à elle seule, 21,2 % des volumes. Selon les données Iri, la marque a fait un bond de 24,2 % l’an dernier. De quoi donner le sourire, s’il n’y avait un bémol.

« Nous n’arrivons pas à fournir le marché. Nous avons dû couper les commandes de truites bio à partir de la mi-décembre. Et nous avons aussi arrêté la référence Pyrénées, notre produit phare », soupire Stéphane Dargelas. Le marché serait prêt à absorber 10 % de produit fini en plus, soit environ 400 tonnes.

Le groupe, au sein duquel est entré Labeyrie Fine Foods en mai 2016, a donc lancé les grandes manœuvres. À Arue, au cœur du massif forestier landais, il a ouvert en janvier, en partenariat avec Sud-Ouest Aliment, filiale de Maïsadour, une usine de production d’aliments pour, dans un premier temps, servir les piscicultures du groupe.

Cet investissement de 13 millions d’euros, qui a déjà permis de créer huit emplois sur le territoire, est l’assurance pour Aqualande d’avoir la main sur la composition des aliments pour ses truites. Ovive revendique une alimentation sans OGM. Aqualande a aussi banni les PAT (produits d’animaux terrestres). « La quasi-totalité des pisciculteurs en Europe s’en servent. Mais en France, c’est un problème sociétal », explique Éric Mezrich, responsable commercial marée et surgelé chez Aqualande. L’usine permet aussi désormais au groupe de maîtriser tous les éléments de la chaîne de production depuis l’œuf embryonné, produit à 500 millions d’unités par an, jusqu’à la tranche de truite fumée.

À l’été, le chantier du doublement de l’usine de Sarbazan, dédiée à la transformation de la truite fumée, doit commencer. D’une capacité de production de 3 500 tonnes, l’usine, située à une portée d’aile du siège social, va passer progressivement à 5 000 tonnes. L’investissement s’élève à 15 millions d’euros, dont 11 pour le bâtiment et 4 pour la station d’épuration. L’ouverture de l’extension de 4 000 m2 est programmée pour l’été 2018. Reste à produire les truites pour l’alimenter.

« Depuis deux ans, on travaille pour débloquer les énergies et les volontés interministérielles afin d’avoir la possibilité de produire plus », indique Éric Mezrich. Dans deux piscicultures, à Mézos et à Retjons, deux communes des Landes, le groupe a mis en place des sites pilotes où l’élevage des truites est réalisé en circuit fermé à partir de forage. « Avec seulement 8 % d’apport d’eau neuve, on arrive à tenir un stock de 50 tonnes de poissons », explique Yohan Gaudaire, responsable technique d’élevages chez Aqualande. Un atout tant le sujet de l’eau est sensible.

Si le procédé doit être encore perfectionné « pour améliorer le goût du poisson », précise Yohan Gaudaire, Aqualande s’est mis en quête de sites pour implanter ce type de pisciculture. L’entreprise projette d’en construire six pour une production de 3 000 tonnes de truites supplémentaires d’ici 2025.

Texte et photos : Loïc FABRÈGUES

Retrouvez notre diaporama ci-dessous :

  • Facebook
  • Twitter
  • LinkedIn
  • More Networks
Copy link
Powered by Social Snap