Partir à la reconquête du marché iranien

Le 14/09/2017 à 10:32 par La Rédaction

 

L'IRAN EN BREF


Coté production : « Avec 12 000 bateaux et 20 000 pêcheurs, l’Iran occupe la première place régionale en matière de pêche et détient l’un des meilleurs potentiels aquacoles de la région », indique Business France.

L’agence évalue à 1 million de tonnes, dont 60 % de pêche et 40 % d’aquaculture, la production aquatique iranienne en 2016. L’État iranien souhaiterait augmenter encore ce volume en développant des partenariats pour améliorer les techniques d’élevage d’espèces locales en cage, la production d’algues, de farines de poissons, etc.

Import – export. En raison des sanctions internationales à l’encontre de l’Iran, les échanges commerciaux avec la France sont passés de 3,7 milliards d’euros à 515 millions d’euros, entre 2004 et 2014. Depuis 2015, les échanges repartent, tant à l’import qu’à l’export.

Dans les produits de la mer, la France a surtout exporté de la farine pour l’élevage de poissons (995 tonnes pour 1,6 million d’euros) et de truites vivantes (21 tonnes pour 2,2 millions d’euros).

Elle a importé huit tonnes d’huîtres plates pour 21 000 euros et 27 tonnes de moules pour 39 000 euros. Voilà les deux courants à l’importation qui figurent dans les statistiques du commerce extérieur de la France en 2016, publiées par FranceAgriMer.

 

 

« On vit une belle aventure ! » Jean-Sébastien Bruant, directeur général de la ferme marine du Douhet, écloserie installée sur l’île d’Oléron et spécialisée dans les poissons marins, a de quoi être satisfait. La joint-venture, créée entre la filiale du groupe Aqualande - dont il est, lui aussi, actionnaire - et les Iraniens de Sabalan Fisheries Developer, actionnaires à 55 %, pour la création d’un centre de prégrossissement d’alevins de daurades sur l’île de Qeshm, dans le golfe Persique, est en plein essor. Le nombre d’alevins commandés par le site à la ferme marine du Douhet est passé de 30 000 en 2015, au moment du lancement, à 3,2 millions en 2017.

Les fermes aquacoles commencent à se développer dans le golfe Persique. « Les pouvoirs publics iraniens ont placé la pêche et l’aquaculture dans les filières dites prioritaires », indique Business France. L’organisme invitait d’ailleurs, en juillet 2016, les entreprises du secteur aquacole à découvrir les opportunités proposées par l’Iran depuis la levée des sanctions européennes. Truite, esturgeon, crevettes… l’intérêt des Iraniens est réel pour ces espèces.

« Le marché est là. Il faut y aller. Il faut créer des liens maintenant », avance Vajiollah Mahabadi. L’animateur du club Iran, lancé en septembre 2016 par le World Trade Center Rennes -  Bretagne, développe des arguments convaincants : un pays de 80 millions d’habitants, dont 54 % ont moins de 30 ans. Une population plutôt urbaine, bien éduquée, « en phase de modernisation. L’attirance pour tous les biens symbolisant la société de consommation existe, notamment pour les produits fabriqués à l’étranger, jugés de meilleure qualité », poursuit Vajiollah Mahabadi.

Pour le Franco-iranien, dont le club Iran compte une cinquantaine d’entreprises adhérentes, les opportunités de marché pour les produits étrangers sont nombreuses, tant dans les infrastructures et les télécommunications que dans l’agroalimentaire. « Bien que plutôt méfiants vis-à-vis des aliments transformés, les Iraniens se tournent vers les plats préparés et les aides culinaires. Et les produits alimentaires français intéressent : les marques sont connues, grâce à des années d’import antérieures à l’embargo. Et, l’image des produits alimentaires français y est très qualitative. »

Pour autant, quel que soit le secteur d’activité, Vajiollah Mahabadi constate que les entrepreneurs français sont hésitants à investir dans le pays. « D’autres pays le sont moins. L’Allemagne y fait cinq fois plus de business que la France. »

Des difficultés particulières à l’Iran, Jean-Sébastien Bruant estime ne pas en avoir rencontré pour racheter l’écloserie sur l’île de Qeshm qui produisait des juvéniles de crevettes. « Cela vient de la qualité de nos associés iraniens », complète-t-il. Aux postes de direction de la coentreprise, ces derniers se sont chargés de régler les questions avec l’administration iranienne. « Nous, nous avons apporté notre savoir-faire, nos compétences techniques pour mettre en place la production et la logistique », indique le directeur de la ferme marine du Douhet.

Tout n’est pas, pour autant, facile lorsqu’il s’agit de commercer avec Téhéran. « Depuis l’élection de Trump, la situation s’est durcie avec les banques françaises qui ont des intérêts aux États-Unis. On nous refuse le retour des virements depuis l’Iran pour payer nos factures, explique Jean-Sébastien Bruant. D’autres banques de la place parisienne acceptent heureusement ces transactions. » La direction générale du Trésor liste, par ailleurs, sur son site internet les sanctions résiduelles pour le commerce avec l’Iran.

Loïc FABRÈGUES

 

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