Pêche électrique, le Parlement dit non

Le 30/01/2018 à 10:00 par La Rédaction

 

L’association Team PDF (poissonniers),
comme certains restaurateurs et grandes surfaces,
boycottent pour défendre l'image  de la filière.
(Crédit : @TeamPDFPoissonniers de France)

 

En 2016,

1 027 t de sole ont été importées fraîches des Pays-Bas en France contre un peu plus de 4 000 t vendues dans les criées de l’Hexagone.

 

À 402 voix contre, 232 pour et 40 abstentions, les députés européens ont voté contre la pêche électrique même à titre expérimental, le 16 janvier 2018. Il faudra encore du temps et des pourparlers entre la Commission européenne et le Conseil des États membres pour que cette technique ne soit plus pratiquée dans les eaux européennes.

Interdite en 1998, des dérogations avaient été données notamment aux Pays-Bas, en 2007, à hauteur de 5 % de la flotte à fin d’expérimentation.

Sauf qu’au fil des ans, les armements néerlandais ont électrifié 84 unités. Un chiffre bien loin des 15 unités qui correspondraient aux 5 %. Mais avec la tolérance de la Commission, beaucoup prévoyaient d’investir plus avant dans une technique qu’ils jugeaient plus durable, dans la mesure où elle leur permettait de réduire leur consommation de carburant jusqu’à 50 % par rapport aux chaluts à perche standard tout en capturant des soles de plus belles qualités. « On peut reconnaître une sole hollandaise pêchée à l’électrique parce que sa robe est plus belle. Le chalut à perche les gratte énormément », admet Philippe Vignaud. Le Pdg du groupe de mareyage Vivo Group a décidé en septembre, pour des questions éthiques, de réorienter ses importations vers l’Angleterre et « de plus petits bateaux. Mais notre priorité reste le produit français ».

Sensibilisé depuis le printemps dernier, Système U « a revu en interne les conditions d’achat et sa liste de fournisseurs, excluant cette pêche dont l’éthique pose question », indique Pierrick Lec’Hvien, responsable marée. Idem chez Auchan, où Jacques Le Cardinal, responsable marée, indique « avoir verrouillé ses approvisionnements avec les fournisseurs concernés pour ne plus avoir de produits pêchés à l’électrique, tant qu’il n’existe pas de certitude sur les impacts réels ou supposés de ces pratiques et sur le fait que la pratique corresponde bien au test accordé par l’Europe ».

Pour les consommateurs, il sera plus difficile d’être rassuré sur leurs achats de poissons plats des Pays-Bas. Dans un cas comme dans l’autre, l’engin de pêche qui s’affiche est le chalut à perche. Les incidences de la décision du Parlement pourraient donc être lourdes, notamment à Urk, place forte des poissons plats en Europe.

Céline ASTRUC

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