▼ CHIFFRES CLÉS Population : 9,64 millions d’habitants Monnaie : la couronne suédoise PIB/habitant : 58 898 $ à fin 2014 Principales enseignes : groupe Ica, Coop, Axfood et Bergendahls Food. Taux de TVA : pas de droits de douane pour les échanges intracommunautaires et un taux de TVA à 12 % pour les produits alimentaires.
Source : FranceAgriMer, Business France, Banque mondiale. |
À plus de 4 milliards d’euros en 2015 (en hausse de 10,7 % par rapport à 2014), les importations suédoises de produits de la mer ont de quoi faire tourner les têtes. Mais se faire une place aux côtés de la Norvège, qui livre 85 % des volumes importés et réceptionne en retour des produits transformés, n’est pas aisé. Heureusement, le pays ne manque pas d’appétit pour d’autres poissons et fruits de mer venus de l’étranger. Le gouvernement canadien – jamais à cours de données concernant le marché mondial des produits de la mer – révèle que la Suède en a « importé depuis 105 pays » en 2013. Crevettes nordiques du Danemark, poissons plats des Pays-Bas, filets de poissons d’un peu partout dans le monde (dont la Chine, le Canada, les États-Unis ou encore le Vietnam), crabes d’Irlande, écrevisses de Turquie, huîtres de France… Les Suédois aiment la diversité. La consommation de produits de la mer ne cesse de progresser : de 2008 à 2015, elle est passée de 21 à 31 kg par habitant. « Les produits, bons pour la ligne et la santé, sont la tendance n° 1 », indique Cécilia Ekfeldt. Grâce à ses démarches pour des entreprises françaises, la conseillère export chez Business France, à Stockholm, a constaté qu’il était « nécessaire de répondre aux critères MSC » pour s’implanter sur le marché suédois. Un pays où les produits de la mer surgelés sont en tête des ventes et où le bio devrait atteindre « 20 % des ventes en 2020 », selon l’organisme de certification suédois Krav. Enfin, il ne faudrait pas oublier la restauration. Depuis 2012 et le passage de la TVA dans les restaurants de 25 à 12 %, le secteur progresse entre 4 et 5,5 % par an, jusqu’à représenter un tiers des dépenses d’alimentation des Suédois en 2014. De quoi donner des idées. « On voit s’ouvrir dans les villes de nouveaux concepts de restaurants, comme le Wedholms-Fisk, centrés uniquement sur les produits de la mer », relate Cécilia Ekfeldt. Loïc FABRÈGUES |
[Enjeux]
La Suède s’affiche parmi les plus gros importateurs mondiaux de poissons et fruits de mer. Pour pénétrer le marché, avoir du saumon et du cabillaud est essentiel. Les deux espèces représentent 80 % des importations. Parallèlement à ce marché de négoce international existent aussi des opportunités pour alimenter la consommation du pays avec des espèces fines ou des coquillages. Des débouchés s’ouvrent notamment dans la restauration, en croissance continue depuis 4 ans.
Le conseil de Philippe Favier, gérant des Huîtres Favier, à Marennes-Oléron |
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« Cela fait plus de 10 ans que l’on vend des huîtres en Suède. Aujourd’hui, nous en expédions entre 1 et 1,5 tonne par semaine à un importateur qui les distribue dans les magasins et les restaurants du pays. Là-bas, les rapports entre fournisseurs et clients sont bâtis comme des partenariats, il faut jouer la transparence. C’est un plaisir de faire des affaires en Suède. Ils font attention au prix, mais comprennent aussi les dessous de la valeur marchande d’un produit. Ils sont très attentifs à la qualité sanitaire des produits. Les Suédois voyagent beaucoup et apprécient de découvrir de nouveaux produits. Pour susciter leur intérêt, il est important d’innover, de se démarquer. On propose donc toute la gamme des huîtres Marennes-Oléron. Les fines de claire Label rouge et la pousse en claire Label rouge nous permettent de bien nous différencier des huîtres venues d’ailleurs. Les Suédois sont par ailleurs très fervents des produits labélisés. L’innovation peut aussi passer par le packaging. On en a fait un noir et vert, spécialement pour le marché suédois. » |