THON SAPMER : APRÈS MAURICE, LA PAPOUASIE

Le 28/11/2013 à 10:46 par La Rédaction

 

Sapmer holding inaugure ce 28 novembre au Vietnam, son 7e thonier senneur surgélateur « Belle Isle ». Le nouveau thonier naviguera, comme son prédécesseur  « Belle Rive », sous pavillon Mauricien. Plus économes, ces deux derniers navires surgèlent à sec le thon à -40 °C comme les autres thoniers de la Sapmer. Ce choix technique reste l’axe stratégique d’un armement en croissante, en mer comme à terre.

D’ici 2015, Sapmer holding armera dix thoniers opérant dans l’océan Indien, soit un potentiel de capture annuelle d’environ 50 000 tonnes, transformées pour moitié dans deux usines à PortLouis. En activité depuis 2008, Mer des Mascareignes, filiale du groupe à 50 %, peut traiter 9 000 tonnes en découpes, principalement sous forme de steak. Anticipant  la hausse des captures, Sapmer holding a investi trois millions d’euros dans une seconde usine, Tuna Processing Service (TPS), dont elle est propriétaire à 100 %.

Opérationnelle depuis juin, TPS dispose d’une capacité de transformation de 21 000 tonnes de thon brut en longes. En parallèle, les capacités de stockage à - 40 °C du thon brut et transformé atteignent 6 100 tonnes. Les deux usines, qui découpent le poisson sans décongélation, exportent pour moitié au Japon. L’objectif étant de valoriser un maximum de produits finis en qualité sashimi.
Si l’Europe représente le second marché des découpes, suivi par les États-Unis, c’est vers la grande Asie que le thon Sapmer fonde son futur.
“La Chine a un devenir énorme”, soutient Yannick Lauri, directeur général de Sapmer. “La création d’une holding à Singapour permet à la fois de structurer le développement et de se rapprocher des clients. En parallèle, nous avons créé une entité spécifique en Chine, Ocean Safe, pour appréhender les marchés. À terme, ce sera un relais commercial”.

Attirer les capitaux asiatiques

Dans l’immédiat, l’armement assoit son activité thonière de l’océan Indien autour du pôle mauricien de stockage, de transformation et de gestion des coproduits. Forte de ce modèle, Sapmer holding veut attirer les investisseurs asiatiques sur la “protéine thon” dont le premier gisement mondial est dans le Pacifique. Le groupe a déjà planté des jalons en obtenant des licences de pêche en Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG).

À l’horizon 2018, Sapmer prévoit d’exploiter 10 thoniers supplémentaires dans cette zone. Le plus vaste pays ACP qu’est la PNG, concentre environ 10 % de la production thonière mondiale. La part du gâteau grimpe à 25 % en cumulant l’ensemble des 8 pays insulaires du Pacifique Sud dont la PNG fait partie dans le cadre de l’accord de Nauru.
Nouvelle plateforme thonière mondiale, la PNG offre aussi des possibilités de concessions à terre. “Une joint-venture est en cours en PNG pour évaluer la ressource, les possibilités de stockage et de transformation”, confirme Yannick Lauri. L’investissement global comprenant dix thoniers de nouvelle génération, plus petits et économes, ainsi qu’une usine et du froid, s’évalue à quelque 350 millions d’euros. Que la holding de Singapour devra lever à 70 % par emprunt et à 30 % par ouverture du capital.

 

B. VAUDOUR

 

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