Turquie : un marché en pleine mutation

Le 10/11/2016 à 9:26 par La Rédaction

 

CHIFFRES CLÉS

Population : 78,7 millions d’habitants.

Monnaie : la livre turque (1 € = 3,35 TRY).

PIB/habitant : 11 524 $ à fin 2015 (+2,5 %).

Principales enseignes :
Bim, Migros, Carrefour.

Importations depuis la France en 2015 : 1 057 t pour 1,7 M€. Thon, agar-agar et acide alginique extrait d’algues brunes sont les principales espèces exportées de la France vers la Turquie.

Droits de douane : 30 % en général
pour les produits de la mer.

Sources : Business France, FranceAgriMer, FMI, Commission européenne.

 

Lorsqu’il s’agit de trouver de nouveaux débouchés pour du poisson, la Norvège n’est pas la dernière sur les rangs. Ces derniers temps, le pays s’intéresse de près à la Turquie. Les Norvégiens ont beau y exporter déjà une part de leur production halieutique, ils y sentent poindre une nouvelle dynamique. Pour l’institut norvégien Nofima, en pointe sur les questions de pêche et d’aquaculture, la Turquie est « un marché en croissance pour les produits de la mer ». L’organisme prévient toutefois que s’implanter dans le pays constitue un challenge.

La Turquie n’est, il est vrai, pas en manque de production locale pour satisfaire sa consommation nationale de produits de la mer. Avec 8 300 kilomètres de littoral, le pays a su développer son secteur de la pêche dont les apports ont fait un bond de 42,9 % en 2015 pour dépasser les 430 000 tonnes, selon l’institut turc de la statistique. Dans les premiers rangs européens pour l’aquaculture, avec sa production de truites, de bars et de daurades, le pays continue aussi à progresser dans ce domaine. Avec une hausse de 2,2 % en 2015, la Turquie a dépassé les 240 000 tonnes.

Dans un pays où la consommation de poisson par habitant s’élève à 8 kilos par an, soit trois fois moins que la moyenne des pays européens, la production nationale peut couvrir les envies de la population. Elles ne sont pas, pour autant, toutes satisfaites. Les Turcs, qui consomment traditionnellement le poisson frais grillé ou frit, se mettent à en manger davantage et différemment. Dans les grandes villes se développent, les restaurants de sushis. La société turque évolue et l’idée que le poisson est un aliment sain et bon pour la santé s’impose progressivement.

Au-delà de la consommation par la population locale, la Turquie dispose aussi d’un marché pour les produits surgelés à destination des touristes.

Loïc FABRÈGUES

[Enjeux]

Avec des secteurs de la pêche et de l’aquaculture bien développés, la Turquie a, durant de longues années, fait des produits aquatiques une source de revenus en exportant sa production. Une manne qui s’est tarie. Sous l’effet de la croissance économique, de l’augmentation de la classe moyenne urbanisée, du rajeunissement de la population, les habitudes de consommation ont évolué. Le poisson se glisse plus souvent dans les assiettes. Alors, pourquoi ne pas défricher ce marché naissant ?

Le conseil de Kerim Subasi, conseiller export agrotech chez Business France à Istanbul
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« La première chose à faire pour s’implanter en Turquie va être de trouver un importateur distributeur. Pour les produits de la mer, il y a beaucoup d’exportateurs turcs. Ils seront les plus qualifiés pour connaître les marchés et organiser l’importation dans le pays. Ils aideront aussi à obtenir tous les certificats nécessaires auprès du ministère de l’Agriculture.

En Turquie, les règles peuvent changer du jour au lendemain avec de nouveaux droits de douane ou de nouvelles barrières tarifaires. Environ, 70 % des ventes se font sur le marché traditionnel. Dans les quartiers populaires, on trouve, dans les rues, de petits stands où sont exposés une vingtaine de poissons à vendre pour la journée. Dans les grandes villes se sont développées en parallèle des grandes surfaces haut de gamme où un consommateur trouvera des produits importés. La restauration de luxe, qui se développe, peut être un autre débouché pour les produits de la mer français. »

 

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