Le conteneur d’Agriloops, destiné à recevoir le premier pilote d’élevage de crevette vannamei en aquaponie, est déjà en place à l’Agrocampus de Rennes. La serre attenante, où pousseront les légumes, est en cours d’achèvement. « D’ici l’été, cela fonctionnera », confirme Romain Vandame, ingénieur halieutique. Lui et Jérémie Cognard ont fondé Agriloops en 2016. Ils planchent depuis sur l’aquaponie avec plusieurs associés aux compétences aquacoles, végétales, marketing, informatiques et vétérinaires. Une équipe très complémentaire au sein de laquelle il y a même un producteur de farines d’insectes.
« Nous entamons une phase de deux ans de R & D. Le prototype va nous permettre de valider le protocole de culture et d’élevage, avant l’étape suivante que sera la ferme de démonstration. » Partenaire d’AgroParisTech, Agriloops a décroché plusieurs prix ainsi que la bourse de l’innovation FoodTech William Saurin. Également soutenue par des aides publiques, la start-up vise une levée de fonds de 500 000 euros via la plateforme d’investissement participatif Sowefund. Partenaire d’une micro-écloserie expérimentale de crevette à Roscoff, Agriloops va poursuivre avec elle un programme de recherche sur la fourniture de larves.
La future ferme, prévue en 2020, fonctionnera en circuit d’eau recirculée et réchauffée à 28 °C avec des sources d’énergie récupérées de l’industrie (chaleur fatale). D’où l’intérêt de produire en site périurbain, ce qui offre aussi l’avantage de l’accès au foncier. Le système d’aquaponie est découplé de la production végétale. Chaque activité peut ainsi fonctionner indépendamment en cas de problème. Estimée à 2 millions d’euros, cette ferme de démonstration aura une capacité de production de 20 tonnes de crevettes et du double en légumes.
Pour se différencier des crevettes importées en masse, la jeune entreprise mise sur une vannamei de belle taille – 30/40 pièces au kilo – produite à proximité des lieux de consommation et commercialisée fraîche au prix grossiste de 30 €/kg. « La vente combinée de tomate cerise, particulièrement sucrée et charnue grâce à notre modèle, et de mesclun de la mer devrait permettre d’écraser les charges », conclut Romain Vandame.
Bruno VAUDOUR