Un scanner pour les produits de la mer

Le 22/09/2016 à 11:00 par La Rédaction

 

[ Zoom sur Imaginas ]

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Le programme
Imagigas est financé par l’Ifremer et mené avec l’Irstea et l’université de La Rochelle. L’intitulé exact est : cénotypage haut débit de descripteurs précoces de santé par imagerie par résonance magnétique.

L’idée
Passer outre la difficile observation de ce qui se passe en temps réel chez l’huître, animal doté d’une coquille. Il s’agit de recherche fondamentale, qui aidera, entre autres, à la compréhension de la mortalité des huîtres depuis plusieurs années.

Pourquoi l’IRM ?
Imagigas vise à observer ce qui se passe chez un individu sain et/ou malade, mais surtout à voir comment évoluent les processus chez l’animal vivant. D’autres méthodes (biologie moléculaire ou microscope) impliquent un point à un instant T et le sacrifice de l’animal, ainsi que la comparaison à un autre. L’intérêt de la méthode est son aspect non destructif.

La densité de chair
Le descripteur central (signe clinique observable) du projet
est le poids de chair sèche. La pesée finale effectuée par des moyens plus classiques permet d'établir des comparaisons.

 

 

L’unité de recherche Opaale (Optimisation des procédés en agriculture, agroalimentaire et environnement) de l’Irstea de Rennes offre une technologie originale et pointue aux industries agro-alimentaire. « Nous leur proposons de faire de la recherche appliquée grâce à l’imagerie par résonance magnétique (IRM) », détaille Guylaine Collewet, ingénieur de recherche dans l’équipe IRM Food. La plateforme collaborative Prism dispose de deux appareils, acquis respectivement en 1996 et en 2008, couvrant diverses intensités de champs magnétiques (0,2 et 1,5 tesla). Ces appareils, semblables à ceux que l’on trouve dans les hôpitaux, ont la capacité d’analyser des corps entiers. « La technique de base est la résonance magnétique nucléaire, qui permet de caractériser les produits et leur procédé de transformation type fermentation, cuisson ou congélation/décongélation. Nous sommes pluridisciplinaires et multifilières. Nos chercheurs ont des profils divers : physiciens, analystes d’images, etc. Les autres technologies qui recourent à la résonance magnétique nucléaire (RMN) passent par de l’échantillonnage. Le véritable plus ici est de décliner des images et de voir à l’intérieur de produits entiers sans les détruire. Et l’observation ne modifie en rien le phénomène en cours. »

Les images obtenues recèlent des informations très pointues, plus fines encore qu’un rayon X, telles la teneur en eau et en gras, via l’observation des protons d’hydrogène. « Ce que l’on souhaite découvrir est à définir au cours de l’écriture du protocole d’acceptation : densité, consistance… »

Un projet mené en collaboration avec le Sissaf et l’Inra sur la truite d’élevage visait à quantifier le gras dans les poissons à des fins de sélection. En exploitant les différences de fréquences entre le signal des protons de l’eau et ceux des lipides, il est possible, à partir d’un ensemble d’images acquises à divers instants, de séparer l’image de l’eau et celles des lipides. Calculer le taux de gras devient aisé. À noter la mesure IRM a été validée en comparant les résultats donner par les mesures RMN sur 30 échantillons.

L’analyse à haut débit a été validée en vérifiant que la mesure du taux de gras ne dépend pas de la position dans l’IRM. « Nous avons conclu que 18 échantillons peuvent être analysés en 13 minutes, soit moins de une minute par échantillon. Sur les études d’héritabilité, le nombre d’échantillons est primordial pour la fiabilité statistique. »
La possibilité d’observer un grand nombre d’échantillons à la fois, avec la même qualité d’analyse pour l’ensemble, rend le procédé intéressant en termes financiers. « Ramené au coût par échantillon, ce type d’analyses est très compétitif. » Environ 10 euros par darne de truite par exemple.

Les Norvégiens, de leur côté, recourent à cette technologie pour analyser la pénétration du sel (atome de sodium) dans le saumon.
Non invasive et non destructrice, la technique séduit aussi l’Ifremer qui s’en sert pour observer des huîtres en termes de maturation des gonades, croissance, sexage… Un nouveau projet, Imagigas, a débuté en mars et ambitionne d’évaluer le taux de chair du coquillage et son développement. « Notre méthode fonctionne très bien avec des produits vivants, même en milieu salin. Il n’existe pas de perturbations du signal. Nous réalisons des prises de vue et travaillons ensuite sur l’image pour affiner la recherche et valider les résultats. Un autre avantage est de pouvoir travailler sur des séquences longues. »

Dominique GUILLOT

 

 

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