[ Zoom sur Imaginas ] Le programme L’idée Pourquoi l’IRM ? La densité de chair |
L’unité de recherche Opaale (Optimisation des procédés en agriculture, agroalimentaire et environnement) de l’Irstea de Rennes offre une technologie originale et pointue aux industries agro-alimentaire. « Nous leur proposons de faire de la recherche appliquée grâce à l’imagerie par résonance magnétique (IRM) », détaille Guylaine Collewet, ingénieur de recherche dans l’équipe IRM Food. La plateforme collaborative Prism dispose de deux appareils, acquis respectivement en 1996 et en 2008, couvrant diverses intensités de champs magnétiques (0,2 et 1,5 tesla). Ces appareils, semblables à ceux que l’on trouve dans les hôpitaux, ont la capacité d’analyser des corps entiers. « La technique de base est la résonance magnétique nucléaire, qui permet de caractériser les produits et leur procédé de transformation type fermentation, cuisson ou congélation/décongélation. Nous sommes pluridisciplinaires et multifilières. Nos chercheurs ont des profils divers : physiciens, analystes d’images, etc. Les autres technologies qui recourent à la résonance magnétique nucléaire (RMN) passent par de l’échantillonnage. Le véritable plus ici est de décliner des images et de voir à l’intérieur de produits entiers sans les détruire. Et l’observation ne modifie en rien le phénomène en cours. » Les images obtenues recèlent des informations très pointues, plus fines encore qu’un rayon X, telles la teneur en eau et en gras, via l’observation des protons d’hydrogène. « Ce que l’on souhaite découvrir est à définir au cours de l’écriture du protocole d’acceptation : densité, consistance… » Un projet mené en collaboration avec le Sissaf et l’Inra sur la truite d’élevage visait à quantifier le gras dans les poissons à des fins de sélection. En exploitant les différences de fréquences entre le signal des protons de l’eau et ceux des lipides, il est possible, à partir d’un ensemble d’images acquises à divers instants, de séparer l’image de l’eau et celles des lipides. Calculer le taux de gras devient aisé. À noter la mesure IRM a été validée en comparant les résultats donner par les mesures RMN sur 30 échantillons. L’analyse à haut débit a été validée en vérifiant que la mesure du taux de gras ne dépend pas de la position dans l’IRM. « Nous avons conclu que 18 échantillons peuvent être analysés en 13 minutes, soit moins de une minute par échantillon. Sur les études d’héritabilité, le nombre d’échantillons est primordial pour la fiabilité statistique. » Les Norvégiens, de leur côté, recourent à cette technologie pour analyser la pénétration du sel (atome de sodium) dans le saumon. Dominique GUILLOT
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