Valofish : la seconde vie du poisson

Le 16/10/2020 à 9:30 par La Rédaction

 

Installée sur le site de Capécure à Boulogne-sur-Mer, la société Valofish transforme les coproduits de la mer en Produits agroalimentaires intermédiaires (PAI) de plus en plus élaborés. .

 

Valofish

Collecte, transformation,
surgélation et valorisation
des coproduits de la mer.

50 personnes

13 millions d’euros de chiffre d’affaires

15 000 tonnes de matière première achetée chaque année

25 tonnes par jour
de produits finis
Rachetée par Copalis
(groupe Scogal) en juin.

 

Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) est considérée comme le premier centre européen de transformation des produits de la mer, avec jusqu’à 350 000 tonnes de poissons, crustacés et mollusques à transiter chaque année… Soit une mine conséquente de volumes de coproduits. Cette « matière première » n’a pas échappé à Valofish. Créée en 2007 et dirigée par François Meurice, la société est issue d’une longue expérience. Le directeur a débarqué dans le port pour poursuivre ses études de Sciences et techniques avec un stage chez Fournier-Varlet-Guillaume (FVG). Le mareyeur, propriété du groupe Pomona, assure le filetage machine et manuel de poissons blancs. Le stagiaire est en charge d’optimiser la valorisation des coproduits, qui partent principalement vers le pet food humide. « Je me suis intéressé aux débouchés sur l’alimentation humaine, via les produits finis pour les soupes, les arômes, les tartinables… Pomona a investi dans une station de production pilote et j’arpentais le terrain, les ateliers, où nous assurions de la collecte de coproduits, pour apprendre à connaître le poisson, les rendements, les spécificités des espèces…  » De quoi se forger une solide expérience auprès d’opérateurs confirmés.

En 2006, quand Pomona opte pour la vente de FVG, François Meurice loue les locaux et, avec ses indemnités de licenciement, crée un an plus tard Valofish. « Au début, nous étions une dizaine de personnes à travailler avec une broyeuse, une séparatrice et deux surgélateurs. Nous produisions environ 500 kilos de produits finis chaque jour pour le marché de la food. »

Le Boulonnais est la principale zone d’approvisionnement de matières premières. Mais rapidement, la Bretagne, voire l’Europe (Islande, Écosse, Angleterre, Norvège, Danemark, Pologne, Allemagne…) et d’autres pays du monde, deviennent, eux aussi, des fournisseurs de matière première.

Un nouveau pas est franchi par Valofish en 2010, avec le rachat du bâtiment et l’agrandissement de l’atelier : « Nous avons réorganisé la production, investi dans des process plus industriels pour monter en volume et en qualité, avec notamment l’embauche d’un responsable dédié. » Enfin, 2015 marque un autre tournant majeur, avec la création d’une nouvelle ligne entièrement dédiée à l’élaboration de surimi. « Notre idée consiste à ce que nos clients puissent communiquer auprès des consommateurs sur l’aspect pêche responsable, qui valorise les coproduits, et l’origine France. »

La stratégie de Valofish, payante, est d’occuper de plus en plus de niches qualitatives grâce à l’optimisation du contrôle de ses matières premières, leur traçabilité, et la sécurité alimentaire. Elle multiplie les certifications (MSC, ASC, Bio, BRC, Pavillon France…), et offre une gamme complète de produits : saumon, cabillaud, lieu noir, et autres poissons blancs… Sa clientèle trouve dans son catalogue chair et pulpe de poisson, parures (tête et arêtes centrales), « belly », « bits et pièces » (B & P), surimi base, morceaux de filets sans peau et sans arêtes… Le tout en différents grades et qualités. Autant de Produits agroalimentaires intermédiaires (PAI) qui intéressent les fabricants de soupes, d’arômes ou de fumets de poisson, de plats cuisinés (poissons panés…), de produits traiteurs (tartinables…), ou de surimi.

Copalis, qui a racheté Valofish au mois de juin, travaille aussi les coproduits, mais avale des volumes plus importants, de l’ordre de 57 000 tonnes. « Notre coopérative fête cette année ses 60 ans, rappelle Jacques Wattez, PDG de Scogal, maison-mère de Copalis. Et nos fournisseurs principaux sont les coopérateurs, souvent des mareyeurs. Avec eux, et sous la direction d’Emmanuel Boucher et d’Arnaud Terninck, nous réalisons 35 millions de chiffre d’affaires, avec des hydrolysats de poisson à destination de l’alimentation animale, des ingrédients pour la nutrition humaine, la cosmétique… » Après des années de concurrence mouchetée, l’heure est aux synergies entre Copalis et Valofish, notamment sur l’accès, primordial, à la matière première. Le rapprochement des deux entreprises compose un ensemble d’une puissance d’achat conséquente.

Reportage : Dominique GUILLOT

 

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