En sept ans, les volumes proposés à la vente sous la criée des Sables-d’Olonne ont presque doublé. Qualité à la clé : elle se hisse en 2015 désormais en quatrième position des halles à marée les plus importantes en valeur. L’attractivité de la criée doit beaucoup à la diversité des apports d’une flottille polyvalente et à une dynamique apportée par la transformation de chalutiers hauturiers en senneurs. Les acheteurs sont au rendez vous.
Entrez dans le hall de la criée, dont le sol vient juste d’être refait, et vous serez frappés par la diversité des espèces proposées. Bien sûr, les lots de sole, merlu, seiche, encornet, bar, langoustine, rouget-barbet – espèces phare de la criée – ne manquent jamais. Mais les vieilles aux reflets orangées, les raies fleuries, bouclées ou douces, les congres, les grondins, les merlans, les saint-pierre, les bars mouchetés et les sardines font aussi belle figure. À quatre heures du matin, l’activité des équipes bat son plein. Il s’agit de peser et de trier par taille et par qualité les 40 à 60 tonnes débarquées toutes les 24 heures.
« La diversité des acheteurs va de pair avec la diversité des apports », souligne Pierre Sarrazin, directeur de la criée des Sables-d’Olonne. À l’heure de la vente, poissonniers et mareyeurs sont au rendez-vous en nombre. « 190 acheteurs sont agréés à la criée des Sables. Une centaine vient régulièrement, les autres font leurs achats à distance. Sur les cinq premiers mois de l’année, les achats à distance représentent 25 % des ventes. » Un chiffre en forte augmentation : il n’était que de 17 % en 2015 et de seulement 12 % en 2014. « Le succès est avant tout lié au bouche-à-oreille, car nous n’en faisons pas une promotion importante, rappelle Pierre Sarrazin. Mais cela nous encourage à poursuivre les prestations de services proposées : filmage et glaçage des caisses, mise sur palettes prêtes à partir avec le transporteur de leur choix. »
De fait, sachant qu’aucune vision des lots n’est possible pour les achats à distance, il faut que le descriptif soit à la hauteur des attentes pour que cela fonctionne. Des formations devraient prochainement être dispensées auprès des responsables de tri pour affiner le tri qualitatif.
En parallèle, afin de répondre à la demande toujours accrue d’informations par les acheteurs, Pierre Sarrazin a mis à leur disposition, depuis le 4 avril 2016, un répondeur téléphonique qui livre chaque soir, à partir de 19 h 30, les dernières estimations des apports, « notamment ceux des senneurs ». Les bateaux doivent fournir leurs prévisions entre 18 h et 19 h.
Enfin, pour attirer encore un peu plus les acheteurs, dont l’importance en nombre fait grimper les prix moyens autour de 5 à 6 euros le kilo, la criée des Sables propose sur précommande des crustacés, des moules, des coques, des huîtres et même des algues. Un service qui a trouvé sa clientèle : les ventes hors enchères montent à 150 tonnes, selon le directeur de la criée. Une goutte d’eau face aux 8 000–8 500 tonnes vendues aux enchères, mais l’offre a le mérite d’exister.
Mais si de nombreux mareyeurs souhaitent s’installer dans les cases de marée du futur Le vent des pêches – la zone d’agrandissement de 3 500 m2 prévue pour 2017 –, c’est avant tout pour l’offre, diverse et de qualité. « Indéniablement, l’arrivée des senneurs en 2010 a tiré la qualité vers le haut, commente Pierre Sarrazin. Mais la richesse du port, c’est sa polyvalence. 120 bateaux débarquent aux Sables. »
Parmi eux, des senneurs, des chalutiers, des ligneurs, des caseyeurs, des fileyeurs… 80 sont attachés aux Sables-d’Olonne ou à la Vendée. Le reste peut provenir de Normandie ou d’Aquitaine, par exemple. « Le hors Vendée représente 25 % des volumes, dont plus de la moitié arrive par camion. »
Pour « aller chercher le poisson », la criée propose depuis 10 ans un service de ramasse, où les coûts de transports sont partagés en trois : le producteur, le mareyeur et la criée. Au moment où le bar se fait rare dans le secteur, celui pêché à la ligne par le normand Bettina II a toutes les chances de faire s’enflammer les enchères, ce matin du 9 juin. « Nous ne faisons pas d’opération séduction à tout prix. Ce qui pousse les bateaux à vendre aux Sables, ce sont les prix et les services », insiste Pierre Sarrazin. La remise aux normes des sols et quais de débarques ainsi que la liberté de débarquer 24 heures sur 24 en font partie. En 2017, l’espace tampon devrait être agrandi pour accueillir les volumes. Sans nul doute ceux qu’amènera dans des conditions optimales de fraîcheur le Maxiplon de l’île d’Yeu, désormais en service.
Reportage : Lionel FLAGEUL et Céline ASTRUC.
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